L'Idra Zouta – Le secret du jour du décès du Rachbi et la raison de la joie à Lag BaOmer

Celui qui observe les coutumes d'Israël à Lag BaOmer est d'abord frappé d'étonnement : c'est le jour du décès du plus grand des tannaïm du secret, le pilier de la sagesse cachée, Rabbi Chimon bar Yo'haï. Et pourtant – on célèbre. On chante. On danse. On allume d'immenses brasiers à la lumière de la lune. On distribue de la viande, du vin et des chants par dizaines de milliers. Comment un jour de décès se transforme-t-il en un jour de joie ?
La réponse réside dans un texte antique et saint du livre du Zohar – c'est l'Idra Zouta.
"Idra" – Le lieu de rassemblement
Le mot "Idra" en araméen signifie une place, un lieu où l'on se rassemble. Dans le saint Zohar, il y a trois grandes "Idrot", trois rassemblements au cours desquels furent révélés des secrets suprêmes qui n'avaient jamais été révélés auparavant ni par la suite :
- Idra Kadma'a – La première Idra, dans la paracha Béréchit.
- Idra Rabba – La grande Idra, dans la paracha Nasso.
- Idra Zouta – La petite Idra, dans la paracha Haazinou (Zohar partie III, 287b et suivants).
En apparence, "Zouta" signifie petite, moindre. Et en vérité, elle est la plus petite par le nombre de ses participants – dans l'Idra Rabba siégeaient dix tsadikim, et dans l'Idra Zouta il n'en restait que huit. Mais par la profondeur et les sommets des secrets qui y furent révélés – elle est la plus grande.
L'assemblée de l'Idra Zouta
Le Zohar décrit : le jour du décès du Rachbi, il rassembla ses compagnons kabbalistes autour de lui et leur révéla le secret de l'Atika Kadicha – la racine des secrets les plus suprêmes. Rabbi Eléazar son fils, Rabbi Abba, Rabbi Yéhouda, Rabbi Yossi, Rabbi 'Hizkiya, Rabbi Yits'hak, Rabbi Yossi ben Yaakov et Rabbi 'Hiya – ce sont les huit qui eurent le mérite d'entendre ces paroles de la bouche du Rachbi.
Le Rachbi lui-même prononça sur cette assemblée ces paroles sublimes (Zohar III, 288a) :
"Yoma da la yit'atra ba'atara de'a'harané, éla bi it'atra"
– Ce jour ne sera pas couronné par la couronne d'autres, mais c'est par moi qu'il est couronné.
Et plus loin :
"Haï yoma be'hedva dili kaïm"
– Ce jour se tient dans ma joie. C'est-à-dire, le jour de mon décès est un jour de grande joie, de l'élévation de la néchama vers la source de la vie.
"La grande joie comme le jour du don de la Torah"
Rabbi Abba, l'un des élèves du Rachbi, décrit ce jour en des termes merveilleux (Zohar ibid.) :
"Amar Rabbi Abba : La siyem boutsina kadicha lememar 'Hayim', ad de'ichteka'ou miloï"
– Le saint flambeau (le Rachbi) n'avait pas fini de prononcer le mot "Hayim" (vie), que ses paroles s'arrêtèrent. Et sa néchama s'éleva vers les hauteurs sur ce mot précis.
Le Zohar continue et révèle que ce jour brillait d'une grande lumière comme le jour du don de la Torah. C'est pourquoi le Rachbi ordonna : "Le jour de mon décès, qu'on ne prenne pas le deuil pour moi, mais qu'on se réjouisse, et qu'on en fasse un jour d'allégresse."
Le saint Arizal à Lag BaOmer à Méron
Celui qui révéla aux dernières générations l'importance de cet événement fut le saint Arizal, Rabbi Yits'hak Louria Ashkenazi, qui, il y a environ quatre cent cinquante ans, montait à Lag BaOmer avec ses élèves au tsioun du Rachbi à Méron, et là il jouait de la musique, dansait et se réjouissait avec les gens du tsioun. Ses élèves lui demandèrent : "Notre Maître, comment pouvons-nous nous réjouir le jour du décès du Rachbi ?" L'Arizal leur répondit : "Quiconque participe à la joie du Rachbi le jour de son décès, a le mérite d'une grande yéshoua (délivrance)", car c'est la joie du Rachbi lui-même, la joie de l'élévation de sa néchama vers la source.
C'est pourquoi, depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, des milliers de Juifs de tous les coins du monde descendent et se rassemblent autour du tsioun du Rachbi la nuit de Lag BaOmer. Chacun s'associe à cette Idra éternelle, à cette joie du décès du tsadik qui est en réalité l'élévation de la néchama vers la vie suprême.
Notre Maître le Rav chlita et le secret de l'Idra
Notre Maître le Rav Berland chlita enseigne que quiconque participe au saint allumage du brasier (hadlaka) à Méron à Lag BaOmer – c'est comme s'il se tenait dans cette même Idra du Rachbi. Car l'Idra Zouta ne s'est pas terminée. Elle continue chaque année dans tout lieu où l'on maintient la sainteté du jour.
"Il n'y a pas de plus grande heure dans toute l'année que la nuit de Lag BaOmer à Méron, car quiconque y fait une demande – sa prière est acceptée devant le Créateur du monde." (Des paroles de Notre Maître le Rav chlita)
Que demande-t-on la nuit de Lag BaOmer ?
Le Zohar fait allusion au fait que la nuit de Lag BaOmer s'ouvrent dans le Ciel les portes de enfants, vie et subsistance (bné, 'hayé ou'mezoné). C'est la raison pour laquelle les couples sans enfants prient sur la tombe du Rachbi et ont le mérite d'être exaucés. C'est le meilleur moment de l'année pour demander pour les chidoukhim, pour la guérison, et pour la parnassa (subsistance). Car toute demande qui sort du cœur cette nuit-là est acceptée devant le Créateur du monde.
S'associer à la sainteté du jour
Chaque Juif, même celui qui ne pourra pas arriver au tsioun du Rachbi cette année, peut s'associer à la segoula du jour par l'envoi d'un nom pour la prière lors de l'événement du Chai Rotel. Les noms sont transmis par les émissaires rabbiniques lors de la distribution du Chai Rotel au tsioun, et sont inclus dans la prière de Notre Maître le Rav chlita lors de l'allumage du brasier (hadlaka).
➤ Pour transmettre des noms et faire un don de Chai Rotel en l'honneur du Rachbi
Que le mérite de l'Idra Zouta et du saint Rachbi vous protège, amen.