L'origine de la segoula de Chai Rotel – du saint Arizal à nos jours

Quiconque est déjà passé la nuit de Lag BaOmer sur l'esplanade du tsioun du Rachbi à Méron n'a jamais oublié ce spectacle : des dizaines de stands de distribution, des milliers de gobelets remplis encore et encore, des dizaines de milliers de Juifs buvant du vin, du jus de raisin et de l'eau au nom du Rachbi. C'est la segoula de Chai Rotel.
Un minhag très ancien, accepté dans toutes les communautés d'Israël, dont les plus grands tsadikim ont témoigné de la grandeur et des yéshouot qu'il apporte. Mais d'où commence-t-il ? Quelle est la racine de ce minhag ? Dans cet article, nous retracerons les sources, du saint Arizal à nos jours.
La guématria de "Chai" – dix-huit Rotel
Le mot "Chai" (vivant) a pour guématria dix-huit (Het=8, Youd=10). Le "Rotel" est une ancienne unité de volume araméo-arabe, d'environ trois litres. 18 Rotel = environ cinquante-quatre litres de boisson.
L'explication simple est qu'il s'agit d'une quantité importante mais pas impossible de boisson qui pouvait être distribuée à ceux qui venaient au tsioun du Rachbi. Mais la profondeur de la chose réside dans la guématria de "Chai" – car toute l'essence de ce minhag est d'attirer la vie du Rachbi vers le peuple d'Israël. Une vie avec des enfants, une vie avec la parnassa (subsistance), une vie de santé.
Le saint Arizal à Méron
Au sujet du saint Arizal, Rabbi Yits'hak Louria Ashkenazi, il est rapporté dans les écrits de son élève Rabbi 'Haïm Vital (dans le "Chaar HaKavanot") qu'il montait au tsioun du Rachbi à Méron à Lag BaOmer et y séjournait plusieurs jours. Là, il participait à la joie du jour, chantait des niggounim avec ses élèves, et étudiait la Torah ésotérique (sod).
Il est cité au nom du saint Arizal qui a dit à propos de Méron à Lag BaOmer :
"Car celui qui s'y rend la nuit de la hiloula du Rachbi – rien n'est perdu de sa prière"
À partir des élèves du saint Arizal, et particulièrement de Rabbi Binyamin HaLévi qui était le chef de la yéchiva des kabbalistes de Safed, s'est répandu le minhag de monter à Méron à Lag BaOmer avec une distribution de boisson – la graine du minhag de Chai Rotel.
Le "Taamei HaMinhagim" de Rabbi Avraham Yits'hak Sperling
Le livre classique des coutumes d'Israël, le "Taamei HaMinhagim", composé par Rabbi Avraham Yits'hak Sperling de Lviv il y a environ cent cinquante ans, est l'une des sources importantes qui documentent le minhag de Chai Rotel. Il y est écrit :
"Et il y a un ancien minhag d'Israël de distribuer 18 Rotel de vin ou d'une autre boisson le jour de la hiloula du Rachbi zatsoukal la nuit de Lag BaOmer à Méron, et c'est une grande segoula pour ceux dont le couple n'a pas encore été béni par une descendance viable"
Il continue et raconte l'histoire de plusieurs couples sans enfants qui ont prélevé le Chai Rotel à Lag BaOmer et ont été bénis par une descendance viable au cours de cette même année.
L'Admour de Bobov dans sa lettre historique
L'une des histoires les plus connues sur la segoula de Chai Rotel est racontée à propos de l'Admour Rabbi Ben Tsion de Bobov zia"a, qui, aux jours de l'exil en Pologne, a envoyé une lettre spéciale à ses 'hassidim en Terre d'Israël. Dans cette lettre, il demandait qu'ils distribuent le Chai Rotel au tsioun du Rachbi à Lag BaOmer pour un couple de ses 'hassidim qui était sans enfants depuis de nombreuses années.
Ses 'hassidim firent selon ses paroles, et cette même année – le couple fut béni par un garçon.
Cette histoire s'est fait connaître et a incité des milliers d'autres Juifs du monde entier à se tourner vers les organisateurs à Méron pour demander de distribuer le Chai Rotel en leur nom.
Le 'Hida et d'autres décisionnaires
Rabbi 'Haïm Yossef David Azoulay – le saint 'Hida cite le minhag dans son livre "Moré BaEtsba" (chapitre 8), et il y explique l'importance de la distribution de boisson aux notables et aux pauvres la nuit de la hiloula.
Le Rav Avraham fils du Gaon de Vilna, le kabbaliste Rav 'Haïm Palaggi, le Rav Yaakov 'Haïm Sofer l'auteur du "Kaf Ha'Haïm" – tous mentionnent la grandeur de la segoula et renforcent son importance.
Pourquoi spécifiquement de la boisson ?
Il y a plusieurs explications acceptées à cette question :
- La Torah est comparée à l'eau – "Il n'y a d'eau que la Torah". La boisson que l'on distribue symbolise la lumière de la Torah du Rachbi qui se répand dans le monde.
- La joie par le vin – "Il n'y a de joie que par le vin". Le jour de la hiloula est un jour de joie, et le vin symbolise la joie de la Torah.
- La vie – La boisson est un besoin fondamental pour la vie. Donner à boire à la multitude au nom du tsadik attire la vie pour tout Israël.
- La coupe de bénédiction – Selon la Kabbale, chaque coupe de boisson qui sort au nom d'un tsadik contient une force de bénédiction et d'abondance.
Notre Maître le Rav chlita et la tradition du Chai Rotel
Cela fait plus de quarante ans que Notre Maître le Rav Berland chlita accomplit le minhag de Chai Rotel à Méron la nuit de Lag BaOmer. Chaque année, des milliers de noms pour la prière sont transmis, et chaque année des histoires de yéshouot et de bénédictions incroyables sont racontées.
Notre Maître le Rav chlita souligne que chaque Juif qui participe à la distribution du Chai Rotel – même par la pensée et l'intention seulement – est inclus dans cet immense mérite.
Comment participer cette année ?
Il est possible de participer à la distribution du Chai Rotel de Shouvou Banim la nuit de Lag BaOmer 5786 à Méron par un don et la transmission de noms pour la prière. Les noms sont transmis par les émissaires rabbiniques lors de la distribution, et sont inclus dans la prière de Notre Maître le Rav chlita lors du saint allumage du brasier (hadlaka).
➤ Pour faire un don de Chai Rotel et transmettre des noms pour la prière
C'est une tradition entre nos mains : quiconque offre le Chai Rotel en l'honneur du Rachbi à Lag BaOmer – a le mérite d'une grande yéshoua (délivrance), amen.