La profondeur de l'attachement au tsaddik : quand la tête est uniquement plongée dans la Guemara

Cours n° 85 | *29 Adar II 5757 à Shaarei Torah*
Un article fascinant tiré du cours du Rav Eliezer Berland chlita
On voit un homme assis en train d'étudier jour et nuit. Chaque jour, il termine le livre des Téhilim en deux heures, étudie la Guemara pendant dix-huit heures et ne dort que quatre heures. C'est ainsi qu'agissait Itchele Otwoczker. À la suite de son assiduité et de son immense enthousiasme, en un mois seulement, jusqu'à Roch 'Hodech Sivan, toute la yéchiva est devenue des 'hassidim de Breslev.
La pomme pourrie qui maintenait la yéchiva
À la yéchiva, il y avait alors deux machgui'him. L'un d'eux, qui était un véritable tsaddik, a dit : "La voie de la 'hassidout Breslev est vérité. Si ta yéchiva devient Breslev, au contraire, ils auront beaucoup de crainte du Ciel par le mérite de cela". En revanche, le second machgia'h prétendait qu'Itchele Otwoczker était "la pomme pourrie qui pourrit tout le monde", et exigeait de le renvoyer de la yéchiva.
Il a envoyé son chamach dire à Itchele de prendre ses valises et de partir. Le chamach est arrivé à la section des femmes, où Itchele était assis, et l'a vu réciter des Téhilim avec de tels pleurs, avec un cœur brisé et une telle dévotion. Le chamach est retourné voir le machgia'h et a dit : "Je ne peux pas ! À un tel homme, je vais dire de partir ? J'en suis incapable".
Finalement, ils ont renvoyé de la yéchiva quelques autres jeunes hommes, parmi lesquels Moché et Israël Cohen. On disait d'eux qu'ils "détruisaient la yéchiva". Mais la vérité est que ce sont eux qui ont construit et maintenu la yéchiva ! Immédiatement après avoir été renvoyés, ils ont voyagé à Ouman, et ce fut leur miracle. Juste à Ticha BeAv, la Première Guerre mondiale a éclaté, et les yéchivot ont été fermées.
La force d'une seule prière
On pourrait penser que celui qui se lève pour 'Hatsot, fait de la hitbodedout et récite deux heures de Téhilim avec enthousiasme – détruit la yéchiva. Mais ce sont eux qui maintenaient la yéchiva ! S'ils étaient restés, la guerre mondiale aurait été annulée.
Toutes les guerres sont inutiles, et avec une seule prière en attachement au tsaddik, il est possible d'annuler toutes les guerres dans le monde. Dès l'instant où l'on croit au tsaddik, la guerre est annulée. Mais puisqu'ils ont renvoyé les 'hassidim de Breslev de la yéchiva de Makova, ils pensaient renforcer la yéchiva, alors qu'en réalité ils l'ont détruite. Tous ont été tués par la suite, qu'à Dieu ne plaise, et toutes les yéchivot se sont dispersées à travers le monde.
Devenir le Gadol HaDor en six mois
Ce que nous venons raconter ici, c'est qu'Itchele ne se promenait pas en proclamant "Je suis Breslev". Il s'asseyait simplement et étudiait. Ils ont vu un jeune homme arrivé d'Ouman, un enfant de seize ans, et en un mois, tout le monde a vu quelle assiduité, quelle profondeur et quelles nouveautés il avait. Il était le plus grand génie de la yéchiva dans les Richonim et les A'haronim.
Tout le monde a une bonne tête, chacun vient d'une bonne famille et pourrait diriger le monde avec sa tête. Mais il faut savoir que c'est là le but : mettre sa tête dans la Guemara. Commencer à étudier le traité Bava Metsia, et ne mentionner aucun autre mot. La tête se trouve uniquement dans Bava Metsia, depuis la fin de la prière de Cha'harit jusqu'à la fin du troisième séder quand on va dormir. À part Bava Metsia, il ne sait rien au monde !
Lorsqu'on s'assoit pendant une période et qu'on étudie un seul traité, qu'on le maîtrise parfaitement, l'esprit s'ouvre. On connaît tous les Richonim et les A'haronim, et on connaît chaque souguia à l'endroit et à l'envers avec toutes les opinions. Si un homme décide que pendant six mois il prend sur lui de n'étudier que Bava Metsia, il peut devenir le Gadol HaDor. Il connaîtra les opinions mieux que le Maguid Chiour, et pourra lui poser des questions difficiles.
Le tsaddik, c'est la Torah Orale
Quand on voit un tel homme, toute la yéchiva voudra être comme lui. Tous voudront connaître Bava Metsia à l'endroit et à l'envers en profondeur. On descend à la salle à manger, et l'un descend avec le Rambam, l'autre avec le Rachba, celui-ci avec le Ritba et celui-là avec le Meïri. Les gens deviendront tout simplement fous de la Torah ! On s'assoit pour manger et on ne parle que de Bava Metsia.
"Le tsaddik est l'aspect de la Torah Orale" (Likoutey Moharan, Torah 8).
Qu'est-ce que Rabbi Na'hman ? Qu'est-ce que le tsaddik ? Le tsaddik, c'est Bava Metsia, Bava Kama, Bava Batra ! C'est ça le tsaddik ! Que se passe-t-il aux informations ? Ce sont des futilités qui apportent des destructions. Le tsaddik, c'est uniquement la Guemara.
Maintenant, il faut étudier Bava Metsia pendant six mois et la connaître par cœur. Chacun doit voir comment, pendant ce temps, il révise le traité, fait une heure de hitbodedout, et tout le reste du temps, il ne fait que réviser. L'homme verra qu'il n'a pas besoin de dormir et n'a pas besoin de manger, il est seulement assis devant Bava Metsia avec érudition et profondeur.
Quand un homme connaît bien un seul traité, un tel cerveau et une telle intelligence s'ouvrent à lui, qu'après cela il pourra connaître tout le Chass par cœur. Il ne sort pas un mot profane de sa bouche. Pour lui, il n'y a pas de monde, tout est brouillard. Il n'y a rien au monde - le Rabbi c'est Bava Metsia, le Rabbi c'est la Torah Orale, le Rabbi ce sont les lettres de la Guemara.
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