La puissance de la joie : Comment la foi et la joie nous relient à Hachem | Parachat Vaéra

Dans la Parachat Vaéra, des messages profonds sur la foi, la joie et notre lien incessant avec le Créateur du monde se révèlent. Même lorsque tout semble difficile, la Torah nous enseigne qu'à travers la joie, on peut adoucir les jugements et mériter le salut. Cet article du Rav Mena'hem Azoulay chlita cherche à approfondir la signification de la joie dans le service de Hachem et comment elle nous accompagne dans les défis quotidiens.
"Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob en tant que El Shaddaï, mais sous Mon nom Hachem, Je ne Me suis pas fait connaître à eux" (6,3). El Shaddaï, car il y a suffisamment de divinité pour chaque créature (l'Arizal).
"Et ils n'écoutèrent pas Moïse à cause de l'angoisse de l'esprit et du dur labeur" (6,9)
La puissance de la joie : Un message profond de la Parachat Vaéra
Par la joie, on peut mériter le salut, on peut adoucir tous les jugements du monde. Il faut apprendre à vivre le présent, cesser de penser à ce qui était et ce qui sera, cesser de s'inquiéter du passé et de l'avenir, "Qui est riche ? Celui qui est heureux de son lot" – heureux à chaque instant, heureux chaque seconde.
La joie comme clé du salut
L'épreuve d'un Juif est d'être toujours dans la joie. La vie est faite d'épreuves, de descentes et de montées, c'est une guerre qui ne se termine qu'au dernier moment et il faut constamment se renforcer dans la joie. Et le principal renforcement dans la joie, c'est au moment de la descente, au moment de l'épreuve, en croyant qu'il sortira de la descente, que cette descente se transformera en une montée merveilleuse et qu'il méritera de se rapprocher encore un peu de Hachem, qu'il méritera de goûter un nouveau goût dans le service de Hachem, un goût que Hachem donne à celui qui se renforce dans la descente et croit que tout se transformera encore en bien.
Notre maître le Rav : ["Quand Moïse notre maître est arrivé en Égypte et a dit : Mes amis, Hachem s'est révélé à moi ! La rédemption est proche, commencez à vous réjouir, commencez à chanter, commencez à jouer de la musique, c'est l'heure de danser, de chanter, amenez des orchestres, amenez des violons, amenez des flûtes, commencez à chanter sur l'annonce de la rédemption, "et ils n'écoutèrent pas Moïse à cause de l'angoisse de l'esprit et du dur labeur". Le Noam Elimelekh dit que c'était la dispute entre Moïse et les justes de cette génération, Moïse disait : Arrêtez avec les jeûnes et les mortifications, arrêtez avec les travaux durs, commencez à vous réjouir, à chanter et à jouer de la musique. Vous voulez jeûner, jeûnez, mais cela n'apportera pas la rédemption, avec les jeûnes et les mortifications, on ne rapproche pas la rédemption, la rédemption viendra seulement avec la joie ! Ils lui ont dit – Quoi ? Tu nous proposes une nouvelle voie dans le service de Hachem ? Tu veux nous enlever les jeûnes, les mortifications après que nous nous sommes déjà mortifiés pendant des années, ils n'écoutèrent pas Moïse à cause de l'angoisse de l'esprit, du dur labeur, ils n'étaient pas capables de se débarrasser du désespoir, de croire à ce que disait Moïse que seule la joie vaincra la klipa, seule la joie apportera la rédemption et c'est ce que disait notre saint maître (Torah 86, partie 2) qu'à cause de l'absence de perfection dans la foi, ils penchent vers les mortifications et les jeûnes"] (jusqu'ici notre maître le Rav).
Tout le travail de l'homme est de se réjouir de toutes ses forces, avec abnégation, de dire tout le temps "tout est pour le bien", de remercier Hachem à chaque pas, à chaque respiration, de ne pas attendre qu'il y ait une détresse et ensuite, une fois libéré de la détresse, il est déjà obligé de remercier Hachem. Car si tu te réjouis et chantes pour Hachem, remercies Hachem, alors même les détresses ne viendront pas.
Le principal travail est de ne pas être dans la tristesse même une seconde. Tu as eu le mérite d'être juif, réjouis-toi ! Tu as eu le mérite de garder le Shabbat, réjouis-toi ! Hachem t'a créé pour Sa gloire, Hachem t'aime, Hachem ne t'abandonnera jamais, réjouis-toi !
Un homme va accomplir une mitsva, il doit savoir qu'il va faire quelque chose de grand et précieux. Chaque mitsva, chaque effort pour faire la volonté de Hachem éclaire les cieux d'une lumière précieuse, les mitsvot nous relient au Créateur du monde. Et le principal lien avec le Créateur du monde, c'est la joie. Plus tu es joyeux dans la mitsva, plus elle te relie au Créateur du monde.
Foi et joie, cela va ensemble. Il faut introduire plus de foi dans notre vie, c'est la seule chose qui nous sortira de la tristesse, de ces chutes. Un homme, dès qu'il naît jusqu'à son dernier jour, toute sa vie, il a toutes sortes de projets, et ses projets ne réussissent pas toujours, ses désirs ne se réalisent pas toujours. Et nous ne savons pas sur qui nous fâcher et nous oublions qu'en réalité, il y a quelqu'un qui dirige toute la création. Alors oui, ce que nous avons reçu n'est pas exactement ce que nous voulions. Mais qui a dit que ce n'est pas exactement ce qu'il fallait ? Qui a dit que ce que nous voulons est ce qu'il faut ? Peut-être que ce que nous voulons est une chose et ce qu'il faut est autre chose ? Ça ne marche pas pour toi, continue de vouloir, de désirer, de prier jusqu'à ce que tu construises les récipients et alors tu pourras recevoir. En attendant, réjouis-toi ! Ne te blâme pas, ni personne d'autre. Souviens-toi que tout vient de Hachem et que c'est le mieux pour toi pour l'instant.
Notre carte de visite dans ce monde, c'est notre joie. Car notre joie, c'est combien nous sommes proches de Hachem, combien nous croyons en Lui. Car si tu es dans la tristesse, c'est comme si tu disais qu'il n'y a pas de Hachem dans le monde, à D.ieu ne plaise. On te chasse, on te rejette, on ne t'accepte pas, mais de Hachem, on ne t'a pas chassé, réfugie-toi en Hachem.
La joie comme test de foi et de proximité avec Hachem
Notre mission dans ce monde est de rester dans la joie en toute circonstance. Ai-je commis une faute, à D.ieu ne plaise ? Je ne laisserai pas le mauvais penchant me faire tomber dans la tristesse. En aucun cas ! Je ferai téchouva, je demanderai pardon à Hachem, je demanderai qu'Il m'aide à ne plus jamais tomber dans cette faute et je continuerai dans la joie. L'une des choses les plus importantes est de croire avec une foi entière que Hachem m'aime. Un amour infini. Quand je crois vraiment cela, je regarde tout avec un regard un peu différent. Car si Hachem m'aime tant, alors ce qui m'arrive maintenant ne peut pas être mauvais. Quand on accepte avec amour ces moments difficiles, on mérite un rapprochement particulier. C'est justement alors qu'on peut prouver combien nous sommes fidèles à Hachem, combien nous nous efforçons de trouver le chemin pour nous reconnecter à Lui.
Rester dans la joie même en temps de difficulté
Je n'ai pas tout, mais j'ai beaucoup. En somme, j'ai reçu un assez beau paquet. J'essaie de me réjouir de chaque petite chose, même de quelque chose de minime. Chaque bon mouvement, chaque déplacement, même minime, du mal vers le bien, est très précieux aux yeux de Hachem.
La signification de la joie : notre part dans ce monde
Hachem aime la joie dans notre part. Qu'est-ce que notre part ? C'est tout ce dont nous avons besoin pour accomplir notre mission dans le monde. À chaque âme ont été donnés des talents et d'autres dons célestes selon ce qu'elle doit accomplir ici-bas. L'un a reçu beaucoup d'argent, pour faire face à l'épreuve de la richesse, et l'autre, qui a déjà fait face à cette épreuve dans une vie précédente, est venu maintenant dans le monde pour faire face précisément à l'épreuve de la pauvreté. Chacun reçoit exactement ce dont il a besoin pour son rectificatif. Un homme doit se réjouir même de ce qui ne va pas pour lui, même de ce qui lui manque, tout cela s'appelle "sa part".
Et quand on réfléchit un peu à "notre part", on voit combien elle est impressionnante, combien de milliers de bontés et de bienfaits nous recevons de Hachem à chaque instant. Nous avons été placés ici pour ne pas cesser de remercier Hachem pour toute la bonté qu'Il nous prodigue, pour tous les bons désirs qu'Il nous donne, car le désir, c'est la joie. Quand peut-on atteindre la vraie joie ? Quand on veut, pas quand on fait par contrainte. Quand on veut, quand on aime, alors on ressent soudainement la joie.
Avec la joie, on peut tout arranger. Si un homme danse et chante pour Hachem, alors toute l'abondance lui parvient. Avec la joie, on mérite de transformer la descente en montée, d'adoucir tous les jugements, de guérir toutes les maladies. "Tu as des enfants ? Commence à danser et à te réjouir, tu n'as pas encore d'enfants ? Grâce à la joie et aux danses, tu auras des enfants, tu n'as pas encore de mariage ? Grâce à la joie, tu auras un mariage" (notre maître le Rav). Tu as échoué dans une faute, à D.ieu ne plaise ? Tu ne dois pas tomber dans tes pensées, fais téchouva et continue à te réjouir car le plus dangereux, c'est la tristesse. Regarde quel grand mauvais penchant tu as reçu, regarde avec quoi tu te bats chaque jour, regarde comment tu surmontes et fais des mitsvot dans cette situation difficile, alors tu devrais te réjouir de plus en plus.
Tout mon sujet, c'est de garder le lien. Cela me réjouira plus que toute autre chose. Même si nous avons toutes sortes de plaisirs, car nous ne sommes pas de ceux qui vivent en retrait du monde, au fond de nous, nous connaissons la vérité. Que le plus grand plaisir, c'est quand on aime Hachem. Et on se souvient combien Hachem nous aime. Avec quels mots d'amour le Créateur du monde nous promet dans cette paracha qu'Il nous délivrera, qu'Il ne nous oubliera pas. Et Je vous sortirai, et Je vous sauverai, et Je vous délivrerai, et Je vous amènerai... Un père ne peut pas se détacher de ses enfants. Même s'ils sont tombés là où ils sont tombés. Même s'ils sont arrivés au fond de l'abîme. C'est dans la nature. Il n'y a même pas de choix ici. Un père renversera le monde pour ses enfants. Et plus ils seront dans l'obscurité, plus Hachem aura pitié et enverra plus de lumière. Pas à cause de leurs mérites, à cause de Ses miséricordes infinies.
Il y a des choses qu'on ne comprend pas. Dans la paracha précédente, Moïse et Aaron viennent devant Pharaon en mission et exigent : Laisse partir Mon peuple ! Et au lieu que les choses s'améliorent, elles empirent. Il n'y a plus de paille, allez et ramassez vous-mêmes de la paille, mais il n'y a pas de réduction, la même quantité que vous faisiez auparavant, faites-la aussi maintenant. Et la paracha se termine par la question poignante de Moïse notre maître : Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ?" (5,22). Depuis que je suis venu, cela n'a fait qu'empirer. Il est difficile de voir leur terrible souffrance. La réponse peut être trouvée au début de notre paracha : "Je suis apparu à Abraham... mais sous Mon nom Hachem, Je ne Me suis pas fait connaître à eux" (6,3).
Il y a aussi le "Je ne Me suis pas fait connaître à eux". Les patriarches n'ont pas eu la révélation claire comme celle de Moïse et pourtant ils n'avaient pas de questions. Les yeux fermés, ils ont suivi la voix de Hachem. Avec foi et confiance. "Celui qui a la foi", dit notre saint maître (Si'hot Haran 53) "sa vie est une vie, et il passe ses jours dans le bien toujours. Mais celui qui n'a pas la foi, à D.ieu ne plaise, sa vie n'est pas une vie car dès qu'il lui arrive quelque mal, il n'a plus aucune vitalité car il n'a rien pour se consoler du tout puisqu'il va sans Hachem et sans providence, à D.ieu ne plaise".
Pharaon reçoit de tels coups durs et il s'obstine, il n'est pas prêt à admettre que la main de Hachem est dans l'affaire. Et nous ? Jusqu'à quel point croyons-nous vraiment que tout ce qui nous arrive vient de Hachem ? Nous recevons de petits coups, cela m'est tombé dessus, cela s'est cassé, cela s'est perdu, tout avec miséricorde, tout pour nous rappeler qu'il y a un dirigeant dans la ville, et que tout se fait par Sa parole. Et si nous ne nous réveillons pas avec les petits coups, nous nous attirons sur nous-mêmes des coups plus grands, à D.ieu ne plaise.
Il faut constamment se renforcer dans la foi qu'il n'y a pas de nature. Ce que nous appelons la nature, c'est tout le résultat de la volonté du Créateur. Et quand Il veut, la nature change.
La puissance de la prière et la foi dans la nature changeante
Un Juif marche avec des prières, il peut changer les lois de la nature car la prière le relie à Celui qui tire les ficelles des lois de la nature. Toutes les plaies d'Égypte viennent pour nous renforcer dans cette foi. "Et vous saurez que Je suis Hachem". Et là où il y a foi, il y a joie.
["Un homme doit être dans la joie, à chaque instant, et toute sa vie. La joie est une dimension de la révélation de la foi. Si un homme est dans la joie, c'est un signe qu'il croit. Si un instant il n'est pas dans la joie, c'est un signe qu'à cet instant, il est déconnecté. Tout le travail de l'homme dans ce monde, c'est soit se connecter, soit se déconnecter. Un homme voit soudain qu'il est triste, cela doit être pour lui un signe qu'il n'est pas connecté. Et alors il se dépêche de se connecter, Hachem, Hachem, je t'aime, Hachem je sais que ce monde, c'est tout Toi, qu'il n'y a rien ici, j'ai maintenant reçu cette épreuve et l'autre a reçu cette épreuve et je n'ai pas à me plaindre de mes épreuves car en fin de compte, le but ici, c'est de se connecter, alors je me connecte à ma mission divine ici-bas. Avec mes données, avec ces traits de caractère difficiles que j'ai, avec cette souffrance de ce voisin, avec ces parents, avec cette famille laïque qui est difficile pour moi, que je dois aussi respecter car il faut respecter, et d'un autre côté, ils peuvent détruire toute ma maison et comment je m'en sors avec tout cela, c'est vraiment difficile, et en général, pour les baalei téchouva c'est très très difficile, et ne pensez pas qu'il y a une personne pour qui ce n'est pas difficile car si ce n'est pas difficile pour lui, pourquoi est-il venu dans le monde, car tout le monde, c'est confrontation, confrontation, confrontation avec encore et encore des difficultés. Mais, je ne suis pas seul. Je ne suis pas seul, il y a Hachem. Alors si soudainement ça va mal pour moi, je lève la tête vers le ciel." ] (Béor Pnei Melekh).
La joie est le signe que nous sommes connectés avec Hachem. Un homme ne peut pas dire qu'il est joyeux quand il n'est pas connecté avec Hachem, la joie sans connexion, c'est de la folie, des plaisanteries, des bêtises, de la débauche, mais s'il est vraiment joyeux, c'est la preuve qu'il est connecté avec Hachem.
La joie comme dernière étape dans la connexion avec Hachem
Il faut faire preuve d'abnégation pour la joie. Les plus grands obstacles dans le monde sont pour la joie. La nature de l'homme est d'être dans la tristesse. C'est la nature. C'est de la poussière de ne pas être dans la joie. Un homme traverse des humiliations, des déshonneurs, on m'a fait ceci, on m'a fait cela, toutes sortes d'aventures dans le corps et dans l'âme. Mais avec la joie, on peut tout arranger. Un homme danse et chante pour Hachem, tout passe, tout s'arrange. Car la joie, c'est la connexion avec Hachem.
La joie – l'essence de la vie juive
Un Juif qui est heureux dans son judaïsme est la créature la plus heureuse sur terre. Un Juif n'a pas besoin de dépenser une fortune dans des efforts vains pour obtenir une joie illusoire comme le fait le monde. Un Juif puise sa joie de la connexion avec Hachem. De la connaissance qu'il travaille pour la gloire du Roi suprême, le Roi des rois, avec la foi claire que tout ce qui lui arrive, tout est pour le bien. Cela engendre au plus profond de l'âme une vraie joie qui est l'essence de la vie.
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