Le cri de Ticha BeAv amène à l'élévation de Tou BeAv - Rav Meir Malka

Rav Meir Malka dans un cours spécial pour Ticha BeAv et Tou BeAv
"Morénou le Rav Berland accordait une très grande importance à ce jour de Tou BeAv, durant lequel les chiddoukhim (rencontres matrimoniales) sont attirés pour chacun, avec l'aide de Dieu."
"Il y a seulement quelques jours, c'était Ticha BeAv, et maintenant nous sommes à Tou BeAv. Le Talmud déclare à son sujet qu'il est l'un des deux plus grands jours de fête pour Israël. Il n'y a pas eu de jours aussi fastes pour le peuple d'Israël que le quinze Av et Yom Kippour. Le traité Taanit (31a) rapporte : 'Rabban Chimon ben Gamliel a dit : Il n'y a pas eu de jours aussi fastes pour Israël que le quinze Av et Yom Kippour, jours où les filles de Jérusalem sortaient vêtues de vêtements blancs empruntés, afin de ne pas faire honte à celles qui n'en possédaient pas. Les filles de Jérusalem sortaient et dansaient dans les vignes, et que disaient-elles ? Jeune homme, lève les yeux et regarde ce que tu choisis pour toi. Ne pose pas tes yeux sur la beauté, pose tes yeux sur la famille. Le charme est trompeur et la beauté est vaine ; la femme qui craint Hachem est celle qui sera louée.' Ce sont les jours les meilleurs et les plus joyeux pour le peuple d'Israël."
"Rabbi Nathan explique qu'il existe un lien entre ces deux périodes. À Tou BeAv, les morts du désert ont cessé. Il s'agissait de la génération qui devait entrer en Terre d'Israël, mais sur laquelle la mort avait été décrétée à cause de la faute des explorateurs, les empêchant ainsi d'y pénétrer. Durant toute la période du désert, une partie de cette génération mourait chaque année à Ticha BeAv. Ce jour-là, tous creusaient des tombes et s'y allongeaient pour la nuit. Au matin, un héraut proclamait qui devait rester en vie. Chaque année, quinze mille personnes mouraient, jusqu'à ce que toute cette génération s'éteigne. La dernière année, ils ont également tous creusé des tombes, mais le héraut a annoncé que tous restaient en vie. Pensant s'être trompés de date, ils sont retournés dans leurs tombes le lendemain, mais au matin, ils ont vu que tous étaient encore en vie. Ils ont continué ainsi pendant cinq jours, jusqu'à ce que la lune soit pleine. Il était alors évident que Tou BeAv était passé et que le décret avait été adouci avec certitude."
"Rabbi Nathan explique que le décret a été adouci précisément ce jour-là, car c'est à la suite de Ticha BeAv que vient Tou BeAv. À Ticha BeAv, nous retirons nos chaussures et nous asseyons par terre, ce qui démontre notre humilité et notre manque d'importance. C'est une grande réparation (Tikoun) lorsqu'une personne reconnaît sa situation, s'humilie et confesse ses actes. Par ce biais, elle mérite une élévation et atteint Tou BeAv. En effet, la lecture de la Méguilat Eikha (Livre des Lamentations) s'apparente au cri de 'Ayé' (Où est le lieu de Sa gloire ?) que Rabbi Na'hman enseigne (Likoutey Moharan, Partie II, Torah 12). Rabbi Na'hman parle de cela concernant, à Dieu ne plaise, une personne qui est tombée de tout et qu'aucun conseil ne semble pouvoir ramener sur le chemin d'Hachem."
"Rabbi Na'hman introduit ce concept en mentionnant la Michna du traité Avot (Chapitre 5, Michna 1) qui parle des dix paroles par lesquelles le monde a été créé. Le Talmud soulève une difficulté : l'expression 'Et Dieu dit' n'apparaît que neuf fois. Il répond que le mot 'Béréchit' (Au commencement) constitue également une parole, mais elle est appelée 'parole cachée', comme dissimulée. Rabbi Na'hman explique que cette même parole avec laquelle Hachem a créé le monde continue d'éclairer, et chaque parole vivifie la partie de la création qui a été formée par elle. Rabbi Na'hman innove en expliquant que la parole cachée de 'Béréchit' est la plus élevée de toutes, car son expression y est dissimulée et voilée. C'est pourquoi elle a le pouvoir d'éclairer et de vivifier les endroits les plus bas. Ainsi, une personne qu'aucune parole ne parvient à ranimer se dit à elle-même : 'Où suis-je arrivé ? Jusqu'où suis-je tombé ?' Cette compassion envers elle-même se transforme en un cri de 'Ayé mekom kevodo' (Où est le lieu de Sa gloire ?), et elle se connecte alors à la parole la plus élevée, celle de Béréchit."
"Depuis l'état le plus bas de l'homme, lorsqu'il ressent la douleur de l'éloignement, une lumière et une vitalité provenant de l'endroit le plus élevé sont attirées vers lui. Ce travail spirituel du cri de 'Ayé' n'est pas un événement ponctuel, car tout au long de l'année, nous traversons des épreuves - Morénou le Rav Berland a toujours dit que chacun de nous porte de lourds bagages spirituels qu'il doit réparer, que ce soit de cette incarnation ou de réincarnations précédentes. Chaque fois qu'une personne traverse de telles chutes et de tels éloignements, et qu'elle crie vers Hachem, elle répare. Elle brise des murailles de fer avec chaque appel et chaque regard levé vers le Ciel."
"Morénou le Rav Berland a dit qu'il n'y a pas d'encouragements comparables aux paroles du Likoutey Halakhot de Rabbi Nathan. Cependant, dans tout le livre, l'expression 'ce n'est pas grave' n'est jamais écrite. Chaque action de l'homme est significative, qu'il s'agisse d'une pensée ou d'un mauvais regard. Néanmoins, en une seconde, l'homme peut tout réparer. Ce cri possède la force d'accomplir plusieurs choses : premièrement, il annule les accusations portées contre la personne ; lorsqu'un homme a honte, on lui pardonne ses fautes. Deuxièmement, il élève l'essence même de la personne, lui conférant une toute autre nature."
"Les Kinot (élégies) que nous récitons à Ticha BeAv sont l'expression de notre chagrin. Par ce mérite, nous nous élevons vers un lieu supérieur et nous avons le privilège de recevoir Tou BeAv, un jour suprême et élevé où la connexion avec Hachem est d'une immense force."
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