Parachat Balak - Le langage des allusions de la Création et la guerre de la techouva

La bouche de l'ânesse : La Création tout entière nous parle
Hachem nous parle vingt-quatre heures sur vingt-quatre sans interruption, Hachem nous parle à chaque seconde par des milliers d'allusions. Il n'y a pas un homme dont l'âme, à chaque instant, ne lui enseigne pas ce qu'il doit faire. L'âme est vivante et existante, et elle instruit l'homme. À chaque seconde, il y a une infinité d'allusions pour chacun sur ce qu'il doit faire et comment il doit se comporter.
"Dix choses ont été créées à la veille du Chabbat au crépuscule, et ce sont : la bouche de la terre, la bouche du puits et la bouche de l'ânesse..." (Avot 5:6)
Hachem a créé l'ânesse pour qu'elle réprimande Bilam. Car lorsqu'un homme s'apprête à commettre une faute, la Création se soulève contre lui !
"Les cieux dévoileront son iniquité, et la terre se soulèvera contre lui" (Job 20:27)
Les cieux et la terre se soulèvent tous contre lui ! Du Ciel, on envoie des allusions à l'homme pour qu'il ne trébuche pas dans la faute ! La Présence Divine (Chekhina) lui fait des allusions pour qu'il ne faute pas ! On lui fait signe tantôt par une ânesse, tantôt par un non-Juif, la Chekhina se revêt de toutes sortes de formes pour faire comprendre à l'homme de ne pas commettre de faute, même l'ânesse se soulève ! Elle le presse contre le mur, le presse encore et encore, et lui dit : commence à comprendre les allusions ! On veut te sauver !
Qu'est-ce que la bouche de l'ânesse ? Un homme s'apprête à commettre une faute, alors l'ânesse crie : "Où vas-tu ?" Et elle crie tout le temps ! Pas seulement sur Bilam ! Elle crie sur chacun : "Où vas-tu ? Que fais-tu ?" L'ânesse crie ! Les animaux crient ! Toute la Création crie ! "Pourquoi vas-tu vers une mauvaise fréquentation ?"
L'homme peut ressentir comme si le plafond lui tombait littéralement sur la tête lorsqu'il s'apprête à faire quelque chose de mal, tout crie ! Il entend des klaxons à l'extérieur, le son des sirènes, l'ânesse se dresse sur son chemin, soudain il voit un véhicule qui le bloque, soudain la porte est fermée, rien ne s'arrange, tout est contre lui ! Lorsqu'il se dirige vers une faute, il y a immédiatement des sirènes ! Des klaxons ! Alarme après alarme ! Soudain il y a la police, le Magen David Adom, les pompiers, le monde entier est en ébullition ! Dès l'instant où un homme s'apprête à faire une mauvaise action, Hachem a déjà planifié depuis les six jours de la Création comment lui faire allusion de ne pas commettre cette faute. Toute la Création est ordonnée pour l'homme afin qu'il ne commette aucune faute dans sa vie.
Les allusions dans la routine de la vie
Tout ce que traverse l'homme, ici sa femme le réprimande, là un ami le réprimande, là le chauffeur de bus lui crie dessus - ce sont tous des allusions ! Le chauffeur de bus lui dit : "Avance, avance, bouge ! Monte plus vite !" Ce sont tous des allusions ! Partout on le réprimande, on lui crie dessus, et tous les cris qu'il entend sont autant d'allusions du Ciel !
Quand le chauffeur de bus te crie dessus : "Rentre à l'intérieur ! Plus à l'intérieur ! Bouge ! Avance ! Rentre encore plus à l'intérieur !", sache que ce sont des allusions pour que tu entres dans l'intériorité des choses, que tu entres dans l'intériorité de la Torah et des mitsvot, pour que tu ne restes pas à l'extérieur, dans la superficialité des choses. Car ce que l'homme entend, chaque mot qu'il entend, ce sont des allusions de Hachem.
Hachem nous parle à travers chaque personne dans le monde, Hachem nous presse de commencer à entrer dans l'intériorité des choses, dans la profondeur des choses. Une fois, des avrékhim (étudiants en Torah) passaient par la gare routière centrale et ont vu un homme debout à un stand de lunettes de soleil. Il criait : "Dommage pour les yeux !" "Dommage pour les yeux !". Il a crié cela pendant 8 heures au milieu de la gare routière. Qu'a-t-on besoin de plus, ce sont tous des allusions ! "Dommage pour les yeux", sanctifiez vos yeux ! Gardez vos yeux ! Tout ce que l'on voit et entend, ce sont des allusions pour se rapprocher de Hachem.
Comprendre correctement les allusions
L'homme doit savoir comprendre ce que sont les allusions. Les allusions qui l'éveillent à se rapprocher de Hachem, les allusions qui le tirent de son sommeil, c'est cela le but des allusions. Si untel m'a appelé au milieu de mon étude (séder) et que je pars avec lui, ce n'est pas une allusion, c'est de la folie ! S'il faut y aller parce que c'est vraiment important, alors on y va.
"Cependant, l'élargissement de l'intellect en cela doit être mesuré, c'est seulement selon son intellect humain qu'il doit élargir sa pensée en cela... 'Hachem mon D.ieu, Tu es infiniment grand...' 'Infiniment grand' signifie que l'élargissement de l'intellect doit se faire avec mesure et restriction." (Likutey Moharan, Torah 54)
Le Rabbi dit : pas n'importe quelles allusions de folie ! Les allusions, c'est pour étudier, prier avec ferveur, avoir des cours fixes, étudier la Guemara, c'est cela qu'on appelle des allusions. On donne à l'homme des allusions à chaque seconde et il faut comprendre ce que sont ces allusions, car il y a des allusions que l'homme ne comprend pas. Les allusions sont une voix céleste (Bat Kol), et il ne faut pas sortir de la logique.
Car même dans l'allusion, il doit y avoir une certaine logique. Un sage est préférable à un prophète, la logique est préférable à la prophétie, et c'est pourquoi les allusions ne doivent pas aller à l'encontre de la Torah et de la Halakha.
Une guerre de cent vingt ans
L'homme pense : "Ça y est, j'ai fait techouva, maintenant j'aurai la paix du mauvais penchant (yetser hara), je suis saint, je n'ai plus de mauvaises pensées, tout va bien." Mais ensuite, tout recommence à lui revenir. Il s'habille déjà de façon moins orthodoxe, il commence à faire quelques compromis, il est déjà en déclin, et alors il traverse une crise. Et tout cela pourquoi ? Parce qu'il ne sait pas que la guerre dure cent vingt ans ! Pour toute la vie !
Si un homme sait qu'il a une guerre pour cent vingt ans, que sa techouva n'est pas encore parfaite, et qu'il est resté le même animal qu'il était, le même être plein de désirs, avec les mêmes mauvais traits de caractère, les mêmes traits corrompus, s'il sait que tout est resté pareil en lui et que rien n'a changé, alors il n'aura pas de crise.
Mais comme il ne sait pas que rien n'a changé, soudain il fait une crise ! Quand il va dormir, il voit qu'il a de mauvaises pensées ; le jour, en marchant, il est plein de visions interdites, il voit qu'il est rempli de désirs, et cela brûle en lui comme des milliards de brasiers, et il se brise.
L'homme doit savoir qu'au moment où il a fait techouva, tout ce qu'il était jusqu'à ce jour est resté en lui ! Ce qu'il a volé, pillé, assassiné, profané le Chabbat, voyagé à la mer le Chabbat, fumé le Chabbat, tout lui revient ! Cela ne disparaît pas soudainement en un jour ! Soudain, après un certain temps, l'envie lui prend de fumer le Chabbat, soudain il veut aller à la mer, à D.ieu ne plaise, soudain il s'ennuie.
Son corps n'est pas habitué à la Torah, son corps n'est pas habitué aux plaisirs de la sainteté, aux plaisirs du saint Chabbat, il n'a pas encore les réceptacles pour recevoir la sainteté. Et si quelqu'un a pris de la drogue, alors la drogue le poursuit de la manière la plus dure. Celui qui a pris de la drogue, que Hachem ait pitié, combien d'années lui faut-il pour s'en sortir.
L'homme demande : "Quoi... j'ai pourtant fait techouva, je suis allé à Ouman." En vérité, ce n'est pas ainsi, ce n'est pas si simple. Des choses auxquelles le corps s'est habitué pendant quarante ans, vingt ans, trente ans, on ne s'en défait pas facilement ! Alors, à cause de la multitude de désirs, des brasiers qui brûlent en lui, il se brise complètement ! Il se dit : "Combien de temps puis-je lutter ? Combien de temps puis-je tenir ? Peut-être que ce n'est pas pour moi ?"
Ce n'est pas pour toi !? Bien sûr que c'est pour toi ! Pour qui a-t-on écrit la Torah ? Pour les chrétiens !? Pour les musulmans !? Quoi... la Torah a-t-elle été écrite pour le Pape !? C'est pour cela qu'il faut se rapprocher du grand tsaddik.
Car lorsqu'un homme se rapproche du tsaddik, il commence à recevoir des allusions, il commence à comprendre les allusions, il reçoit des allusions pour ne pas désespérer ! Il reçoit des allusions pour se battre, pour faire face, il commence à comprendre que la guerre dure cent vingt ans, il comprend que c'est le chemin, il comprend que c'est ainsi que les choses fonctionnent.
Il comprend qu'il a encore des années de travail pour se purifier, il comprend qu'il doit lutter toute la journée contre son esprit de folie (roua'h chtout). On lui fait des allusions tout le temps, encore une allusion, et encore une allusion : Lutte !! Surmonte !! Continue à te battre ! Continue à lutter ! Jusqu'à ce que tu sortes de ton esprit de folie.
Des allusions d'amour au sein de la dissimulation
Toutes les choses émanent de Hachem, toutes les choses émanent de l'Infini (Ein Sof), et l'homme doit être lié à la Lumière Infinie, être lié à Hachem. Hachem fait à l'homme, à chaque seconde, une infinité d'allusions. Lorsque des Juifs sont tués partout, à chaque coin de rue, et que tout le peuple d'Israël est dans une angoisse terrible, et que personne ne sait ce qu'il adviendra de lui, ce qu'il adviendra de sa famille, ce sont des allusions de Hachem.
Maintenant, nous sommes arrivés à la pire situation qu'ait connue le peuple d'Israël, des missiles volent, les gens courent vers les abris, des meurtres, des tueries, qu'à D.ieu ne plaise, personne ne sait ce qui se passera dans la seconde qui suit. Le peuple d'Israël voit que rien ne peut le protéger, en vérité tout émane de Hachem ! Tout cela, ce sont des allusions de Hachem pour que nous fassions techouva.
Nous sommes arrivés à une telle situation que tout le monde veut déjà faire techouva. Chaque jour, Hachem nous fait des allusions en parole, en pensée et en action. Chaque jour, Hachem contracte Sa Divinité et nous fait des allusions pour que nous nous éveillions à la techouva. Et tout cela, Hachem nous le fait par l'immense amour qu'Il nous porte, Il ne peut plus supporter l'impudeur ! Hachem ne peut plus supporter le lachon hara (médisance) ! Les profanations du Chabbat ! Il veut que le peuple d'Israël revienne en techouva.
Le visage du Roi : Voir la grâce intérieure
Lors du don de la Torah, il est dit :
"Et Israël y campa (vayi'han) face à la montagne"
Que signifie "vayi'han" (campa) ? Chacun a vu la grâce ('hen) de l'autre. Aujourd'hui, c'est très difficile car les gens tombent en dépression, parce qu'ils ne voient pas leur propre grâce. Avant tout, vois ta propre grâce, alors tu auras la force de voir la grâce de l'autre. Il faut travailler depuis le début, depuis la racine.
Il faut savoir quelle parcelle divine d'En-Haut nous sommes, et comment Hachem nous aime, et comment nous sommes si merveilleux, et quelle lumière divine se trouve en chacun de nous. C'est de là que doit être le point de départ, et ensuite nous verrons aussi la grâce qui se trouve chez l'autre.
"S'Il nous avait approchés du mont Sinaï, et ne nous avait pas donné la Torah, Dayenou (cela nous aurait suffi)"
Que signifie "Dayenou" ? Sans la Torah, cela nous aurait suffi ?! Comment sans la Torah cela nous aurait-il suffi ? Si tu as vu la grâce de l'autre, tu n'as même pas besoin de la Torah ! Nous l'avons déjà dit, c'est toute la Torah entière ! Lorsqu'un homme voit la grâce de l'autre, c'est le signe qu'il est connecté à la Divinité en permanence, alors il a atteint le niveau le plus élevé.
Mais puisque Hachem savait qu'ensuite cela disparaîtrait de nous, nous avons besoin d'un livre entre les mains. La grâce peut disparaître, tu n'auras plus rien, tu as besoin de quelque chose entre les mains. C'est pourquoi, bien qu'ils aient été à ce niveau, Hachem savait qu'ils descendraient de ce niveau, et qu'il fallait leur donner quelque chose entre les mains, pour qu'ils aient une prise sur quelque chose de tangible.
Histoire sur la Paracha : La bonté de la séparation entre Israël et les nations
"C'est un peuple qui réside solitaire, et qui ne compte pas parmi les nations"
Le saint Rabbi Israël, le "Baal Chem Tov", revenait un jour à la veille du Chabbat avec un groupe de 'hassidim du mikvé, où il s'était trempé en l'honneur du Chabbat. Soudain, un grand bruit se fit entendre au coin de la rue, et aussitôt apparurent quelques non-Juifs qui marchaient joyeusement sur toute la largeur de la rue, face aux 'hassidim qui marchaient bras dessus bras dessous avec leur maître.
Le Baal Chem Tov craignit que l'un des non-Juifs ne le touche, et commença à s'écarter avec ses accompagnateurs sur le bas-côté du chemin. À ce moment-là, le tsaddik entendit l'un des non-Juifs dire à son ami : "Méfie-toi de ce Juif, qu'il ne te touche pas et ne te rende impur".
Le Baal Chem Tov sourit de joie et dit aux 'hassidim autour de lui : "Maintenant, l'explication du verset dans la bénédiction de Bilam m'est devenue claire : 'C'est un peuple qui réside solitaire, et qui ne compte pas parmi les nations'. En effet, le fait que le peuple d'Israël puisse rester 'solitaire' – dans son unicité et sa sainteté – bien qu'il séjourne de nombreux jours parmi les nations, est le résultat de 'ne compte pas parmi les nations'."
"Car les nations du monde ne le considèrent pas comme l'un des leurs, mais le regardent comme un corps étranger, dont il faut s'éloigner et se séparer."
Tout cela - ajouta le Baal Chem Tov - fait partie de la charité que Hachem accomplit envers Israël, dispersé parmi les exils, afin de leur préserver un nom et un reste parmi les nations, jusqu'à la Délivrance complète... (Bnei Tsion).