Prière pour le mois d'Eloul par le Rav Eliezer Berland chlita
Ribbono Chel Olam — Maître du Monde, Toi qui peux tout, et dont rien ne peut entraver le dessein — accorde-moi le mérite en ce mois redoutable, le mois d'Eloul, durant lequel une crainte et une terreur redoutables s'abattent sur moi, et tout mon corps tremble, mes genoux s'entrechoquant l'un contre l'autre face à l'immensité de Ta crainte — donne-moi le mérite en ce mois d'Eloul de prier toutes mes prières avec une immense kavanah (intention concentrée), mot à mot, lettre par lettre, et qu'aucune lettre ne sorte de ma bouche sans kavanah. De grâce, Toi qui es Miséricordieux et Compatissant, accorde-moi le mérite en ce mois et tout au long de l'année entière, de ne voir aucune vision interdite, à Dieu ne plaise ; et de ne dire aucun lachone hara (médisance) sur qui que ce soit au monde ; et de n'envier personne. Et même si je suis rabaissé par toutes les humiliations et les insultes du monde — fais que je mérite alors aussi de m'en réjouir d'une joie infiniment grande, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Ceux qui sont insultés et n'insultent pas, qui entendent leur affront et ne répondent pas, qui agissent par amour et se réjouissent dans les souffrances — à leur sujet, le verset dit : "Ceux qui L'aiment sont comme le soleil quand il paraît dans sa force." » Et puissé-je mériter, en ce mois redoutable d'Eloul, d'atteindre le niveau de Devorah HaNevia (la prophétesse), la femme de Lapidot, au-dessus de la tente de laquelle, au moment où elle prophétisait, on voyait des flammes de feu (lapidim) comme lors du Don de la Torah. Fais-moi mériter, par la techouva (repentir), en ce mois qui marque le début des quarante jours de préparation aux secondes Tables afin de les recevoir à Yom Kippour, d'être particulièrement scrupuleux quant au commandement de « Lo tin'af (Ne commets pas d'adultère) », et de faire une techouva complète pour toutes les visions interdites que j'ai vues et regardées, que ce soit par inadvertance ou délibérément, sous la contrainte ou de mon plein gré. Fais que je mérite de ne plus jamais trébucher dans la moindre vision interdite jusqu'à la fin de ma vie, de sanctifier mes yeux avec l'ultime sainteté et pureté, et de n'envier personne au monde. Puissé-je mériter d'être comme Rav A'haï bar Yochia, qui, par le mérite de n'avoir envié personne, vit que ses os ne se décomposèrent pas, et mérita que son corps reste intact même après son décès. Et puissé-je mériter ce qu'a mérité Rabbi Yéhochoua ben Lévi — qui, par le mérite d'avoir étudié la Torah avec tous et d'avoir rapproché chaque personne au monde, est entré avec son corps dans le Jardin d'Éden. Ainsi, puissé-je mériter moi aussi, par le mérite de la techouva que je ferai au mois d'Eloul, d'entrer avec mon corps dans le Jardin d'Éden.