Le secret de la honte et du silence : comment acquérir la tranquillité d'esprit et une véritable lignée spirituelle

Cours n° 1 | Mercredi, Parachat Kedochim, 26 Nissan 5755
L'étude approfondie de la Guémara est l'unique remède pour préserver la santé mentale et la clarté de l'esprit (mo'hine). Plus une personne acquiert de la connaissance spirituelle (daat), plus la honte (bousha) se reflète sur son visage. La honte et le silence face à l'insulte sont le signe distinctif de la lignée pure d'une personne (yi'hous) et de la racine de son âme au Mont Sinaï.
Pour passer de l'état de "mort" (met) à celui de "vérité" (émet), l'homme doit s'inclure dans toutes les âmes d'Israël. Tant qu'une personne pense être le plus grand Tsaddik, le meilleur 'hassid, et qu'il n'y a personne comme elle sur terre, elle est considérée comme "morte". Le mot émet (vérité) ne se forme que lorsqu'on y ajoute la lettre Aleph, qui représente le Maître de l'Univers (Aloufo chel Olam), ainsi que l'inclusion dans la collectivité. C'est là l'intention du Chema Israël : "Écoute Israël, Hachem est notre Dieu, Hachem est Un" – s'inclure avec toutes les âmes d'Israël, avec tous les Tsaddikim de la génération, sans faire de distinction s'il est de Breslev ou non. Quelle importance cela a-t-il ? Si un Juif a écrit un livre qui me renforce dans la foi (Emouna) et la confiance en Dieu, qui m'éveille à l'amour d'Hachem, je dois en tirer profit. Ce n'est pas mon rôle de juger qui a part au Monde Futur ; mon rôle est de prendre chaque livre qui m'aidera à y entrer.
Le feu des rigueurs dans le cœur
Rabbi Na'hman enseigne que la racine des rigueurs (Guevourot) se trouve dans le cœur. Le sommet de cette dimension est le "Netsa'h de la Guevoura" (l'éternité dans la rigueur), et ces rigueurs se manifestent par la honte et les pleurs. Comme il est dit : "Mon cœur s'est échauffé au-dedans de moi, dans ma méditation un feu s'est allumé, j'ai parlé avec ma langue" (Psaumes 39:4).
Lorsque le cœur commence à brûler de l'intérieur, l'homme devient celui qui "dit la vérité dans son cœur". Il commence à ressentir ses propres défauts, son éloignement de la sainteté. Il se dit : "Où suis-je et où est la vérité ? Je suis le pire de tous. Bien que je me sois rapproché de la 'Hassidout, cela ne m'a pas encore aidé d'un cheveu, je tombe chaque jour". Cette prise de conscience, cette chaleur dans le cœur et ces pleurs, sont le début de la réparation spirituelle (Tikoune).
Seule la Guémara préserve la santé mentale
La nature du monde est que l'homme perd progressivement sa lucidité avec les années. À partir de vingt ans, l'homme commence à perdre un pourcentage de ses capacités intellectuelles, et lorsqu'il atteint l'âge de soixante ans, s'il n'a pas imprégné son esprit de la Guémara, il risque de perdre complètement la raison. Nous avons vu des personnes âgées perdre leur dignité humaine, dire des absurdités et maudire, car elles n'avaient pas l'ancrage de la Torah.
En revanche, des Tsaddikim comme Rabbi Lévi Yits'hak Bender zatsal et Rabbi Chmouel Chapira zatsal ont conservé une santé mentale et une lucidité merveilleuses jusqu'à leur dernier jour. Seule la Guémara peut maintenir le cerveau pour qu'il ne se calcifie pas. Même de grands scientifiques et compositeurs perdent la raison et sombrent dans la folie, car les sagesses profanes ne construisent pas l'âme. La véritable intelligence réside uniquement dans l'étude de la Guémara.
Comment construit-on son esprit ? Pas par une course superficielle. Il faut prendre une page de Guémara, la lire deux fois pour en comprendre le cheminement, puis analyser chaque mot avec les commentaires de Rachi, des Tossafot et des décisionnaires (Poskim). S'il s'agit du Choul'han Aroukh, il faut l'étudier avec le Chakh et le Sma, en approfondissant chaque mot. L'esprit ("mo'h") fonctionne selon le principe de "Ratso vaChov" (aller et retour) – répéter encore et encore la même ligne, la même Michna. C'est ainsi que l'on construit la connaissance spirituelle (Daat).
La honte est la lumière des Téfilines
Lorsqu'un homme acquiert un esprit et une véritable connaissance, il commence à comprendre où il en est spirituellement. Jusqu'à présent, il était dans l'état de "jeter ses péchés derrière son dos", inconscient de sa situation. Mais lorsque l'intelligence pénètre, la honte fait son apparition. Il a honte de l'ampleur de ses fautes, de la souillure des péchés qui engourdissent le cœur.
Rabbi Na'hman dit que plus on ajoute à une personne de l'intelligence de sainteté, plus sa honte augmente. Cette honte est précisément la lumière des Téfilines. Lorsqu'un homme se lève à 'Hatsot (minuit) et étudie jusqu'au matin avec une honte terrible, avec humilité, animé par le sentiment de "comment ai-je passé ma nuit ?", cette honte illumine son visage. C'est le secret du verset "et ils te craindront" – la crainte et la honte ne font qu'un. Moché Rabbeinou, dont la peau du visage rayonnait, était tout entier rempli de honte.
"Celui qui commet une transgression et en a honte – on lui pardonne immédiatement toutes ses fautes". La honte est le véritable pardon, et c'est aussi elle qui restaure la clarté de l'esprit (mo'hine). On ne peut pas obtenir cette clarté uniquement par des voyages et des errances ; il faut la honte intérieure qui découle de l'étude de la Torah.
L'épreuve du silence et de la lignée
Comment sait-on si une personne possède une noble lignée (yi'hous) et une racine d'âme pure ? La Guémara dans le traité Kiddouchine nous enseigne que l'épreuve est le silence. Lorsque des gens se disputent et se méprisent mutuellement, celui qui se tait est celui qui possède la véritable lignée.
"Une famille qui est provoquée par une autre famille... et qui garde le silence – c'est le signe de sa noble lignée."
Rav est allé à Babylone et a vérifié les lignées en se basant sur le silence. Si l'on insulte une personne et qu'elle se tait, c'est le signe que les pieds de ses ancêtres se tenaient au Mont Sinaï. En revanche, celui qui fait preuve d'effronterie et parle du Lachone Hara (médisance), c'est le signe qu'il y a en lui "une trace de défaut". Il est possible qu'un gène étranger se soit mêlé à la famille, une âme qui ne se tenait pas au Mont Sinaï. En effet, pour les enfants d'Israël qui se tenaient au Mont Sinaï, leur impureté a cessé, et cette impureté correspond à l'effronterie et aux mauvaises paroles sur autrui.
Parfois, on voit deux familles se disputer l'une avec l'autre, et c'est une bonté du Ciel pour les empêcher de se marier entre elles, car "on ne le laisse pas s'attacher à son prochain". Hachem protège les âmes pures par le biais de la controverse (ma'hloket).
Nous devons savoir que toute cette question de parler en mal et de voir le mal chez autrui découle du défaut de Caïn. Caïn voyait des défauts en chacun – en son père, en sa mère, en son frère. Il voyait le monde entier comme étant défectueux. La réparation (Tikoune) réside dans la honte, le silence et l'humilité. Un Juif doit posséder cette honte, et c'est le témoignage le plus clair de sa judéité et de sa sainteté.
Partie 2 sur 2 — Cours n° 1