Le Secret de la Véritable Bravoure : L'Interprétation Intérieure de l'Attribut d'Audace

Cours n° 13 | * 22 Iyar 5755 (Suite du n° 12)
La Michna nous appelle à être « audacieux comme un léopard et fort comme un lion », mais le « Beit Yossef » met en garde contre l'utilisation de l'attribut d'audace, même pour l'amour du Ciel. Rav Berland chlita.
L'homme doit être léger comme un aigle, ne pas laisser son œil regarder, et ainsi le cœur ne convoitera pas. Notre corps se trouve actuellement dans la klipa (écorce d'impureté), c'est le corps du serpent, et toutes les klipot trompent immédiatement l'homme. C'est pourquoi il faut « courir comme un cerf ». Cours au Beit HaMidrach (maison d'étude) ! Quand tu te lèves le matin, cours et vole. Lorsque tu cours, aucune force négative n'osera s'approcher de toi. La Michna dans le traité des Pirke Avot dit : « Sois rapide comme un cerf » – c'est une Halakha (loi juive). Il faut toujours courir, avoir le pas léger.
Les héros de force d'autrefois
Le Midrach dans le Yalkout Chimoni raconte qu'Assaël courait sur la pointe des épis de blé. Il était léger sur ses pieds comme l'un des cerfs des champs. Le Saint Ari zatsal explique dans le Chaar HaGilgoulim qu'Assaël a reçu l'essentiel des parties de son âme de Yichaï, qui est mort à cause du conseil du serpent et sans aucun péché. C'est pourquoi il possédait une telle lumière environnante (Or Makif) qui lui permettait de voler dans les airs ; la pointe d'un épi lui suffisait pour prendre son élan sans briser les tiges.
De même, nous lisons dans la Haftara de Ticha BeAv :
« Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, et que le fort ne se glorifie pas de sa force. »
Quels héros il y avait autrefois ! Avner ben Ner était un Tsaddik parfait, et il disait : « Donnez-moi seulement un point d'appui, un rocher solide auquel m'accrocher pour qu'il ne soit pas déraciné, et je ferai trembler et secouerai toute la planète Terre. »
Le danger de l'attribut d'audace
L'homme doit être « rapide comme un cerf et fort comme un lion ». Mais cette force n'est pas une simple métaphore – c'est une force du cœur. Le « Beit Yossef » nous met en garde qu'il est interdit d'utiliser l'attribut d'audace (azout). Bien qu'il soit écrit « sois audacieux comme un léopard », ce qui signifie que si l'on veut t'empêcher de faire Hitbodedout (prière personnelle isolée), de te lever pour 'Hatsot (prière de minuit) ou de prier au lever du soleil (Vatikin) – tu dois être audacieux et ne pas avoir honte des moqueurs, néanmoins, l'attribut d'audace en lui-même est très méprisable.
C'est pourquoi le Beit Yossef souligne immédiatement après : « qu'il se renforce comme un lion ». Car si un homme s'habitue à utiliser l'audace, même pour des buts saints, il finira par acquérir ce trait de caractère dans son âme. Il commencera à crier sur des personnes éloignées du judaïsme, et finira par crier aussi sur sa femme et ses enfants à la maison. Le Beit Yossef tranche explicitement concernant l'attribut d'audace :
« Et il ne convient pas du tout de l'utiliser, même pour le service d'Hachem, béni soit-Il. »
Aujourd'hui, il nous est interdit de crier sur qui que ce soit, même pas sur les laïcs. Nous devons parler à tout le monde avec douceur. Si tu as eu un impact – tu as eu un impact. Si tu n'as pas eu d'impact – tu agiras demain, tu agiras dans le Ciel à la racine de son âme. Aujourd'hui tu vas crier sur une personne non religieuse, et ensuite tu crieras à la maison sur ta femme et tes enfants, et tu acquerras un mauvais trait dans ton âme. L'homme de notre génération se trouve tellement à la frontière du péché, que la moindre petite habitude ou le moindre petit mouvement le bouleverse déjà.
La véritable audace : il ne se leva ni ne trembla
Si tel est le cas, comment accomplirons-nous « sois audacieux comme un léopard » ? Le Beit Yossef explique les paroles du Tour : l'intention est que tu n'aies pas honte face aux moqueurs, mais pas que tu leur dises des paroles d'effronterie et que tu les méprises.
La véritable audace est de se taire quand on te méprise. Comme il est écrit au sujet de Mordékhaï le Juif face à Haman :
« Il ne se leva ni ne trembla devant lui. »
Quand on te crie dessus, tu ne dois pas crier en retour. Tu dois être fort, ne pas te lever et ne pas trembler. C'est la véritable interprétation de l'audace dans la sainteté – avoir l'effronterie de ne pas avoir honte d'eux, mais sans leur répondre. C'est pourquoi nous devons nous éloigner de l'attribut d'audace, parler avec douceur, et savoir que la véritable action s'accomplit dans la sérénité et l'intériorité.
Partie 3 sur 4 — Cours n° 13
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