Parachat Beha'alotcha - Le secret du bon œil et de l'obstination dans la sainteté

Notre vérité et la demande de la Da'at
"La vérité doit nous appartenir, elle est notre mission, elle est notre rôle, elle est dans nos capacités, elle est ce que l'on attend de nous dans le Ciel. C'est une chose très difficile de savoir ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas faire, si c'est un peu trop ou un peu trop peu.
La vérité absolue est constamment en mouvement, d'instant en instant, d'heure en heure, de jour en jour. À chaque fois, nous avons le mérite d'acquérir une nouvelle compréhension, une nouvelle perspective, une nouvelle lumière, qui nous permettra de comprendre la vérité avec plus de clarté. La vérité absolue, non pas la vérité abstraite, mais la vérité qui nous appartient, que nous avons déjà acquise, et nous savons ce que nous devons faire avec cette vérité, car sinon - c'est quelque chose de lointain et d'abstrait.
Tout ce que nous demandons et tout ce dont nous avons besoin, c'est la première bénédiction que les Hommes de la Grande Assemblée ont fixée dans la prière de la Amida, après les bénédictions des Patriarches, de la Puissance et de la Sainteté. Et quelle est-elle ? 'Qui accorde la Da'at (connaissance) à l'homme'. C'est-à-dire que la première chose qu'un homme demande, c'est la Da'at. Quand un homme a la Da'at, il a déjà tout. Quand un homme a la Da'at, il comprend que lorsqu'il lui manque quelque chose, il ne doit pas regarder celui qui possède avec un mauvais œil et le jalouser, mais il doit se tourner vers Hachem.
Le mauvais œil est un manque absolu de Da'at. Quand un homme ne s'annule pas devant Hachem, alors il a un mauvais œil. Car s'il ne voit pas Hachem, qui voit-il ? Lui-même. Et alors il regarde constamment sur les côtés, pour voir ce qu'il y a dans l'assiette de l'autre au lieu de lever la tête vers le haut, vers Hachem. Celui qui regarde vers Hachem a un bon œil. Il comprend que chaque chose vient de Hachem.
L'obstination dans la sainteté à travers la confection de la Ménorah
"Et voici la confection de la Ménorah : elle était d'une seule pièce (mikcha) d'or ; depuis sa base jusqu'à sa fleur, elle était d'une seule pièce" (Nombres 8, 4)
La confection de la Ménorah représente l'aspect global de la splendeur (Hitpaarout), par laquelle Hachem se glorifie d'Israël, car c'est de là que provient l'essentiel de la lumière. C'est pourquoi les lumières de la Ménorah témoignaient que Hachem aime Son peuple Israël et fait résider Sa Présence parmi eux, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie à propos de la lumière occidentale, qui est un témoignage pour tous les habitants du monde que la Présence divine réside en Israël.
C'est l'aspect de la splendeur : en raison de Sa glorification et de Son amour pour nous, Il fait résider Sa Présence en nous. Il en ressort que toute la confection de la Ménorah est l'aspect de la splendeur par laquelle Hachem se glorifie d'Israël. Et c'est l'aspect de tous les merveilleux motifs qui se trouvaient sur la Ménorah - calices, boutons en forme d'amande et fleurs, etc., tout cela fait allusion aux multiples nuances de splendeur par lesquelles Hachem se glorifie d'Israël, qui sont composées de nombreuses teintes.
Et toutes ces splendeurs, qui sont l'aspect de la confection de la Ménorah, on ne peut les mériter que par une grande obstination. Il faut être très obstiné dans le service de Hachem, et c'est l'aspect de "Et voici la confection de la Ménorah : mikcha (d'une seule pièce) d'or", mikcha étant lié au mot akchanout (obstination). Car il faut être fort et dur dans le service de Hachem avec une très grande obstination.
Et c'est le sens de "depuis sa base jusqu'à sa fleur, elle était mikcha", c'est-à-dire que tous les motifs et les fleurs de la Ménorah, qui représentent l'ensemble de la splendeur d'Israël, on ne les mérite précisément que par l'obstination. C'est-à-dire que dans tout le service de l'homme juif, du début à la fin, dont Hachem tire de la splendeur, tout cela ne s'accomplit que par l'obstination. Du début à la fin, il faut une grande obstination et une grande audace. (D'après Likutey Halakhot, Lois du Birkat Hamazone 4, 12)
La louange d'Aharon le Cohen : une humilité inaltérable
"Parle à Aharon et dis-lui : Quand tu allumeras les lumières... Et Aharon fit ainsi" (Nombres 8, 2-3)
Sur ces paroles du verset, Rachi fait la remarque suivante : "Et Aharon fit ainsi - pour dire la louange d'Aharon, qu'il n'a rien changé". La question se pose : pourquoi le verset trouve-t-il nécessaire de louer Aharon pour l'allumage de la Ménorah, "comme Hachem l'avait ordonné à Moché" ? Pourrait-on imaginer qu'un tsaddik, fondement du monde, comme Aharon le Cohen, modifie à Dieu ne plaise quoi que ce soit aux commandements de Hachem ?
Le tsaddik Rabbi Meir de Premishlan répond à cela : bien qu'Aharon ait été choisi pour servir en tant que Grand Prêtre, et pour être proche de la Présence divine, son cœur ne s'est pas enorgueilli, à Dieu ne plaise, et il n'a rien changé à ses manières d'agir avec les créatures. Il fut toute sa vie "aimant la paix, poursuivant la paix et les rapprochant de la Torah" (Pirke Avot 1, 12).
C'est ce que dit Rachi : "pour dire la louange d'Aharon, qu'il n'a rien changé" - il n'a pas changé lui-même ni ses relations cordiales avec chaque personne. Au contraire, il s'est attaché jusqu'à la fin de ses jours à la vertu d'humilité et de modestie, et la couronne de la Grande Prêtrise qui fut posée sur sa tête ne l'a en rien changé. (Bnei Tsion)
La foi dans la subsistance : la parabole du cheval et de la rivière
"Hachem dit à Moché : La main de Hachem serait-elle trop courte ?" (Nombres 11, 23)
Un Juif entra dans la chambre de Rabbi Meir de Premishlan avec une plainte : son voisin empiétait sur son territoire, il avait ouvert un magasin à côté du sien et y vendait les mêmes articles que lui, le privant ainsi de sa subsistance.
Rabbi Meir lui demanda : "As-tu remarqué comment le cheval boit l'eau de la rivière ?" Le Juif lui répondit avec étonnement : "Non, je ne sais pas !" Eh bien - lui dit Rabbi Meir - avant que le cheval ne boive l'eau de la rivière, il a l'habitude de frapper l'eau avec ses sabots, et ce n'est qu'ensuite qu'il boit. Et pourquoi ? Pourquoi le cheval a-t-il cette étrange habitude ?
C'est parce que lorsqu'il vient boire de l'eau, son reflet lui apparaît, et il pense que c'est un autre cheval qui vient boire son eau. C'est pourquoi il lève ses pattes et frappe l'eau, jusqu'à ce qu'elle devienne trouble et que l'image du cheval disparaisse, et alors il boit avec joie...
"Mais l'homme n'est pas un cheval," continua le Rabbi, "et il doit savoir que c'est Hachem qui dirige le monde, qui nourrit et pourvoit aux besoins de tous, depuis les œufs de poux jusqu'aux cornes des buffles." Hachem nourrit de la plus petite créature jusqu'à la plus grande, et Il peut bien sûr abreuver tous les chevaux et subvenir aux besoins de toutes les créatures. (Bnei Tsion)
D'abord on enterre le désir, ensuite on voyage chez le tsaddik
"De Kivrot Hataava (les tombes de la convoitise), le peuple partit pour 'Hatsérot" (Nombres 11, 35)
Le tsaddik Rabbi Mena'hem Mendel de Kotzk, qui fut l'un des plus grands Maîtres hassidiques de Pologne au 19ème siècle, était célèbre dans toute la Pologne pour la vivacité de son esprit et ses paroles brillantes. Des milliers de hassidim se pressaient à sa porte et buvaient avec soif les paroles de sa Torah. Dans ses vieux jours, Rabbi Mendel s'enferma dans sa salle d'étude et sortait rarement voir ses hassidim qui s'amassaient aux portes de sa maison jour et nuit, dans l'attente d'entendre de lui une parole de Torah et de 'Hassidout.
Il arriva qu'un groupe de hassidim s'adressa à son assistant avec la requête que le Rabbi vénéré daigne sortir vers eux et leur accorder sa bénédiction. Rabbi Mendel réagit à cela avec des mots durs comme le fer, et s'écria aux oreilles des hassidim qui se tenaient devant lui : "Pourquoi vous êtes-vous rassemblés et êtes-vous venus à moi ? Voulez-vous que je nettoie la saleté qui s'est attachée à vous, et que je chasse vos pensées étrangères et vos désirs honteux... ?"
"Cependant, vous devez savoir que je ne suis pas un nettoyeur d'ordures, et tout cela, vous devez le faire vous-mêmes avec peine et labeur, avant de venir à moi. N'y a-t-il pas un verset explicite dans la Torah : 'De Kivrot Hataava (les tombes de la convoitise), le peuple partit pour 'Hatsérot (les cours)' - au début, un homme d'Israël doit 'enterrer' le désir qui niche en lui, et ce n'est qu'ensuite qu'il peut voyager vers les cours des tsaddikim..." (Bnei Tsion)