Le secret de Rachbi

Cours n° 528 | Samedi soir, Parachat Emor, veille du 18 Iyar 5767 - Lag BaOmer
Rachbi
Rachbi est l'âme de Moché Rabbenou. Moché Rabbenou s'est imprégné en lui, et il est dit à son sujet :
"Et il contemplera l'image de Hachem".
Depuis le jour de sa naissance jusqu'à aujourd'hui, il voit Hachem de ses propres yeux. La Guemara raconte que Hillel l'Ancien avait quatre-vingts élèves, trente d'entre eux étaient comme Moché Rabbenou et pouvaient arrêter le soleil et la lune. Le plus grand d'entre eux était Yonathan ben Ouziel ; lorsqu'on se rend sur son tombeau à Amouka, on peut voir spirituellement que toutes les montagnes sont en feu, et tout oiseau qui volait au-dessus de lui était brûlé et montait en flammes. Le plus petit d'entre eux était Rabban Yo'hanan ben Zakaï, pour qui rien n'était caché – le langage des paraboles, le langage des oiseaux, le langage des palmiers, et même les débats d'Abayé et Rava.
Abayé et Rava n'étaient pas du tout des êtres humains ordinaires, ils étaient le secret des Noms saints, les quatre Sefirot. Abayé a pour valeur numérique 23, Rava a pour valeur numérique 209, et ensemble ils s'élèvent à 232. Ce nombre correspond aux quatre développements du Nom Havayah : le Nom de 72 (A"V, avec remplissage de Youd), le Nom de 63 (Sa"G), le Nom de 45 (Ma"H, avec remplissage de Aleph) et le Nom de 52 (Ba"N, avec remplissage de Hé), dont l'union totale est 232. Tous les Tannaïm et Amoraïm étaient des Noms saints, qui, avec leurs corps, étaient plus grands que nos âmes, et le plus petit d'entre eux pouvait ressusciter les morts.
Nous voyons leur grandeur également par rapport aux nations du monde. L'empereur Antonin a creusé un tunnel de Tibériade à Tsippori, et il chevauchait un cheval avec une lance à la main sans toucher le plafond de la grotte. Lorsqu'il arrivait chez Rabbi Yéhouda HaNassi, il se prosternait devant lui et disait : "Qui me donnera d'être ton marchepied pour le Monde Futur". Les empereurs du monde se prosternaient devant Rabbi, devant Rachbi et devant Rabbi Eléazar fils de Rabbi Chimon.
La réparation de la faute de la vente de Yossef
Rachbi et Rabbi Eléazar fils de Rabbi Chimon sont venus au monde pour réparer la faute de la vente de Yossef. Cette faute pèse sur le monde jusqu'à la fin de toutes les générations, jusqu'à la résurrection des morts, et seul le Machia'h commencera à la réparer parfaitement. Après les Dix Martyrs, et après que l'on ait peigné la chair de Rabbi Akiva avec des peignes de fer, Rachbi a pris sur lui de réparer la faute de Yossef.
Yossef le tsaddik a passé 13 ans dans les souffrances – 12 ans dans le puits de la prison, et encore une année dans la maison de Potiphar. C'est pourquoi, Rachbi a pris sur lui de rester 13 ans dans une grotte, à manger des caroubes et à boire de l'eau, afin de réparer la vente de Yossef. Un homme ordinaire qui ne mangerait que des caroubes et ne boirait que de l'eau pendant trois semaines mourrait sur-le-champ, mais Rachbi a survécu ainsi 13 ans pour porter la réparation de tout le peuple d'Israël. Toutes les âmes du peuple d'Israël, jusqu'à la fin de toutes les générations, ont participé à la vente de Yossef.
La Torah fait allusion à cette vente :
"Les mandragores ont donné leur parfum, et à nos portes se trouvent tous les fruits exquis".
"Les mandragores ont donné leur parfum" fait référence à Yossef et Réouven. Réouven voulait sauver Yossef du puits. Il a vu que les serpents et les scorpions ne le touchaient pas, et a dit à ses frères : "Regardez, c'est un tsaddik parfait !". Mais Chimon a prétendu que Yossef était un "charmeur", et comme le dit la Guemara, celui qui est un charmeur peut maîtriser les serpents et les scorpions. C'est pourquoi Chimon a dit que Yossef méritait la mort. Finalement, ils ont accepté le conseil de Yéhouda de le vendre aux Ismaélites.
Rabbi Avraham fils de Rabbi Na'hman explique que vendre un homme aux Ismaélites est plus grave que la mort. Les Ismaélites achetaient des esclaves pour les maltraiter, déverser leur colère et leur fureur sur le malheureux esclave, et le tuer dans des tortures infernales. Si Yossef le tsaddik n'avait pas trouvé grâce aux yeux de Potiphar, à Dieu ne plaise, il aurait rendu l'âme sous des coups cruels.
L'ouverture du Mem final (fermé) et le tir à l'arc
Rachbi est venu réparer le Mem final (fermé) du verset :
"Pour l'accroissement de l'empire (Lémarbé hamisra) et pour une paix sans fin".
Après que le roi 'Hizkiyahou n'ait pas réussi à réparer ce Mem, Rachbi est venu l'ouvrir. Dans les Tikouné Zohar, il est écrit que lorsque Hachem a créé le monde, Il a ouvert ce Mem et l'a transformé en la lettre Bet – "Béréchit bara Elokim". Mais immédiatement après la faute du Premier Homme, le Mem s'est refermé.
Il est dit au sujet de Rachbi : "Faisons l'homme a été dit pour toi", car il est plus grand que le Premier Homme. Le Premier Homme s'est imprégné en Rachbi, Moché Rabbenou s'est imprégné en lui, ainsi que tous les tsaddikim, les Patriarches, le roi David et les sept Bergers – tous se sont imprégnés en Rachbi pour réparer la faute du Premier Homme et ouvrir le Mem fermé.
C'est pourquoi la coutume à Lag BaOmer est de tirer des flèches. Comme il est écrit dans les Proverbes :
"Jusqu'à ce qu'une flèche lui fende le foie".
Nous allons maintenant fendre le foie du Mauvais Penchant (Yetser Hara), le Mem fermé de la Sitra A'hra. Chaque flèche tirée à Lag BaOmer parvient à extraire une âme des forces de l'impureté (Klipot). Le tir des flèches est en fait l'ouverture de la nouvelle année. Nous lisons généralement les Parachiot Behar-Be'houkotaï près de Lag BaOmer. Dans la Parachat Behar, on commence par "Tu feras retentir le son du Chofar" le jour de Kippour, et on termine dans la Parachat Be'houkotaï avec 49 malédictions, qui dans la Parachat Ki Tavo deviennent 98 (Tsa"H) malédictions.
En tirant 98 (Tsa"H) flèches à Lag BaOmer, nous avons le mérite de transformer toutes les 98 malédictions en 98 bénédictions, en lumières éclatantes (Tsa'htsa'hot). C'est l'ouverture de la nouvelle année, qui se termine à la fête de Souccot par le sacrifice de 98 moutons.
La préparation au Don de la Torah
L'âme du Machia'h vient ouvrir le Mem fermé de "Lémarbé hamisra", et par le tir des flèches, les murailles de Jérusalem sont brisées là où elles sont vulnérables, et là le Mem s'ouvre. Maintenant, Rachbi vient construire et joindre les murailles de Jérusalem. C'est le secret d'Eliézer, serviteur d'Avraham, qui a donné les bracelets (tsmidim) à Rivka – pour joindre (léhatsmid) les Tables de la Loi, dans le secret du marié et de la mariée.
Rachbi unit les Tables et nous prépare au Don de la Torah. Bientôt nous recevrons la Torah, et Rachbi nous prépare à cet événement avec des voix et des éclairs. Le feu de joie que l'on allume en l'honneur de Rachbi et les flèches que l'on tire correspondent aux voix et aux flammes qui étaient présentes lors du Don de la Torah.
Par cette préparation, nous aurons le mérite d'entendre les Dix Commandements, le "Je suis Hachem ton Dieu". Le monde entier n'a été créé que pour "Je suis Hachem ton Dieu", afin qu'à chaque minute nous entendions les Dix Commandements d'une voix forte qui ne s'arrête jamais. Par la joie et les danses de Lag BaOmer, nous aurons le mérite que l'âme de Rachbi s'imprègne en nous, selon l'aspect de 'Et il contemplera l'image de Hachem'. Ainsi, nous aurons le mérite d'entendre la voix de Hachem à chaque minute et à chaque seconde, et nous aurons le mérite de la Délivrance complète, rapidement et de nos jours, Amen.
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