Parachat Kora'h - Le danger de la moquerie et la réparation des traits de caractère

"Et Kora'h s'attroupa contre eux" - Le danger de la moquerie
"Et Kora'h s'attroupa contre eux" - avec des paroles de moquerie (Rachi)
Il est raconté l'histoire d'un homme qui passait son temps à se moquer, il racontait des blagues, il avait l'habitude de faire rire. Une fois, il se trouvait chez Rabbi Lévi Yits'hak de Berditchev, ils étaient assis pour étudier et débattaient sur l'étude. Le Berditchever lui dit : "Dans le Ciel, on tranche la loi comme moi". Cet homme lui répondit avec moquerie : "Même dans le Ciel, il peut y avoir une erreur". Immédiatement, il fut pris de panique !
Rabbi Lévi Yits'hak lui dit : "Tu vois où tu es arrivé avec ta moquerie !? Fais le vœu de ne plus jamais prononcer de paroles de moquerie !" Immédiatement, il se ressaisit et prit sincèrement sur lui de ne plus se moquer. Il arrêta complètement, au point d'en mourir presque !
Tellement il tirait sa vitalité de la moquerie, tellement il s'était habitué à la raillerie et aux rires, et maintenant qu'il faisait une véritable Téchouva (repentir) et arrêtait complètement, il faillit en mourir ! Il n'avait plus de vitalité ! Il ne lui restait plus aucune vitalité ! À tel point qu'au Mikvé, on pouvait voir ses organes internes, il était devenu la peau et les os ! Et c'est cela qui s'appelle une véritable Téchouva.
Déraciner les mauvaises habitudes à la racine
L'homme doit transformer toute son essence ! Toutes ses mauvaises habitudes ! S'il a l'habitude de dire du Lachon Hara (médisance), s'il a l'habitude de se moquer. Un homme qui s'habitue à la moquerie finira par se moquer des tsaddikim, il finira par se moquer de sa femme et de ses enfants.
Un homme qui a une mauvaise effronterie, une effronterie méprisable, finit par s'habituer à être effronté, et finira par manquer de respect à quelqu'un ! Il finira par manquer de respect à une personne importante, il finira par manquer de respect à sa femme. S'il a l'habitude de crier sur des gens non-religieux, il finira par crier aussi sur sa femme ! Il finira par crier aussi sur les enfants à la maison !
Aujourd'hui, il nous est interdit de crier sur le moindre Juif ! Il faut seulement leur parler avec douceur, si tu as eu un impact, tu as eu un impact ! Et si tu n'as pas eu d'impact, tu en auras demain ! Prie, agis dans le Ciel à la racine des âmes ! Car si aujourd'hui tu cries sur un Juif, cette habitude s'ancre dans ton âme et demain tu crieras aussi dans ta propre maison sur ta femme et tes enfants.
L'effronterie de sainteté : se taire quand on te méprise
L'homme se trouve à la frontière de la faute, à la frontière de la transgression, chaque petite mauvaise habitude, chaque petit mouvement incorrect peut l'amener à une tempête émotionnelle, peut le faire sortir de ses gonds. En vérité, nous avons besoin d'effronterie ! Nous avons besoin d'effronterie face aux moqueurs, comme il est rapporté dans le Choul'han Aroukh :
"Qu'il n'ait pas honte face aux hommes qui se moquent de lui dans son service du Créateur, béni soit Son Nom. Mais néanmoins, il ne leur répondra pas avec des paroles d'effronterie, afin de ne pas ancrer dans son âme le trait de caractère de l'effronterie, même en dehors du cadre du service de Son Nom béni." (Ora'h 'Haïm, chapitre 29)
De même, il ne faut pas se quereller pour l'accomplissement d'une mitsva, comme par exemple pour prier devant l'arche, ou pour monter à la Torah, etc., comme nous le trouvons au sujet du Pain de Proposition (Lé'hem HaPanim) : bien que ce soit une mitsva de le manger, les personnes modestes retiraient leurs mains tandis que les gloutons s'en emparaient et le mangeaient.
Ce que le Tour te dit, d'être effronté face aux moqueurs, ne signifie pas que tu dois crier sur eux ! Ni que tu dois les mépriser ! Mais plutôt que lorsqu'on te fait honte, tu te taises ! Comme il est écrit au sujet de Mardochée le Juif, lorsque Haman lui criait dessus, il "ne bougeait pas et ne se levait pas". Au moment où Haman te crie dessus, tu n'as pas besoin de crier en retour ! Quand quelqu'un te méprise, tu n'as pas besoin de répondre ! Tu dois simplement te taire, et c'est cela qui s'appelle l'effronterie face aux moqueurs.
Voir les qualités de nos amis et non leurs défauts
Dès qu'un homme s'éloigne du tsaddik, dès qu'il n'a plus la lumière du tsaddik, il commence à chercher des défauts chez ceux qui font le sacrifice de soi pour le tsaddik, il commence à parler sur eux, il se moque d'eux : "Quoi... ils n'étudient pas du tout !? Ils ne connaissent pas les lois !?".
Il se moque de tous ceux qui s'efforcent de prier avec ferveur, de tous ceux qui étudient avec sacrifice de soi, qui se lèvent la nuit pour réciter le Tikoun 'Hatsot. Précisément ceux qui se lèvent le plus tard, précisément ceux qui étudient à peine, ce sont eux qui se moquent et cherchent les défauts de l'autre.
Le fondement simple est de ne parler sur aucun Juif au monde ! Il faut adopter la vision selon laquelle je suis le pire Juif au monde, il n'y a pas pire que moi, chaque Juif est meilleur que moi, plus saint que moi, plus intelligent que moi, comment pourrais-je parler sur l'autre !? Comment un Juif peut-il en arriver à parler sur un autre Juif ?
À la limite, un non-Juif a encore un travail à faire pour ne pas parler ! Il doit se surmonter ! Car pour un non-Juif, c'est tout son but ! Tout son but est de parler sur l'autre : "Il est comme ci... et il est comme ça... Celui-là n'est pas comme moi !" Mais chez un Juif, ce travail n'a pas du tout sa place ! Un Juif doit être toute la journée dans "les délices de Ta droite pour l'éternité", il doit vivre dans un monde de mélodie, dans un monde de foi vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Comment peut-il soudainement tomber à des niveaux si bas ! À des niveaux si terribles !
Accepter la vérité de celui qui la dit
Et si un homme pense : "C'est sûr que je dois parler sur lui ! Après tout, il a parlé sur moi !" L'homme doit savoir que si quelqu'un a parlé sur lui, alors il a dit des choses vraies ! S'il dit que je ne suis pas un tsaddik, en vérité je ne suis pas un tsaddik !! Il a raison !! S'il dit que je ne suis pas Breslev, il a raison ! En vérité je ne suis pas Breslev ! Il a raison sur tout !!
En quoi suis-je Breslev !? Breslev parle du "Or'hot Tsaddikim", Breslev parle du "Messilat Yecharim", Breslev parle du "Chaarei Téchouva", du "'Hafets 'Haïm". Breslev ne dit pas de Lachon Hara ! Breslev ne prononce pas de moqueries ! Breslev parle de tous les livres ! Breslev parle de tous les tsaddikim !
Si un homme dit du Lachon Hara et des moqueries, alors il n'est certainement pas Breslev ! Donc si on a dit de toi que tu n'es pas Breslev ! C'est vrai ! Tu devrais même les remercier ! Béni soit Hachem qu'il y ait quelqu'un pour te dire la vérité ! Tu devrais même leur donner un salaire de mille dollars par jour !
Remplir son esprit par l'étude de la Torah
Rabbi Na'hman dit que s'il n'y a pas d'intellect et pas de cerveau, il est impossible de servir Hachem ! Si un homme n'étudie pas la Torah, n'étudie pas la Guémara, alors il n'y a même pas lieu de discuter avec lui ! Il n'y a rien à lui expliquer ! Il ne fait que profaner le nom de notre Maître !
Aujourd'hui, nous ne sommes plus comme les Juifs simples et intègres de l'époque du Baal Chem Tov, qui pouvaient se contenter de réciter des Psaumes et être des tsaddikim. Aujourd'hui, de tels Juifs n'existent presque plus ! Il n'y a plus de Juifs aussi simples qu'il y a 200 ans ! Aujourd'hui, soit on étudie la Guémara et on a de l'intellect ! Soit on n'a pas d'intellect et alors on tombe dans les fautes et la débauche, qu'Hachem ait pitié. Rabbi Na'hman veut des gens avec de l'intellect, des érudits, et alors tous les mauvais traits de caractère et toutes les mauvaises habitudes sont soumis.
Quand le cerveau est vide de sagesse, de compréhension et de connaissance, quand le cerveau est vide d'intellect, l'homme fautera toujours ! Il sera corrompu ! Il prononcera des moqueries ! Il dira du Lachon Hara ! Il dira des grossièretés ! Il dira des choses hors de propos ! Il offensera ! Il se moquera ! Il jalousera ! Il haïra ! Tout cela parce que son cerveau est vide.