Le secret du cerveau juif : pourquoi la faute du Veau d'or s'est-elle transformée en bénédiction ?

Cours n° 105 | *Dimanche Parachat Réé 21 Mena'hem Av 5753 *Lundi Parachat Réé 22 Mena'hem Av 5757
Bilaam le racha (le méchant) pensait que la faute du Veau d'or était le point faible du peuple d'Israël, car seul un cerveau juif est capable de recevoir la Torah et de se tromper immédiatement après. Mais Hachem lui a montré que c'est précisément cette complexité qui fait leur grande vertu – une foi véritable n'est pas aveugle, mais c'est celle qui est choisie à nouveau à partir d'une clarification profonde.
Bilaam le racha a essayé d'accuser le peuple d'Israël de toutes les directions possibles. Après être monté sur les hauteurs de Baal et au sommet du Pisga, et voyant qu'aucune accusation n'était utile, il a décidé de sortir sa dernière carte. On garde toujours la carte gagnante pour la fin, au cas où les premières tentatives échoueraient. Et quelle était la dernière carte de Bilaam ? La faute du Veau d'or.
Bilaam a compris qu'aucune nation au monde – quelle qu'elle soit – n'aurait fait un veau d'or précisément au moment du don de la Torah. Une telle chose, seul un cerveau juif est capable de la faire. Le non-Juif a un cerveau droit et simple, presque unicellulaire. Si on lui dit que le feu est Dieu, il l'acceptera. Même si l'eau vient et éteint le feu sous ses yeux, il ne changera pas sa croyance. Il dira que c'est un secret, le "secret des secrets" (razin derazin), mais restera figé dans ce qu'il a reçu, et transmettra cette même croyance à ses enfants et aux enfants de ses enfants jusqu'à la fin des générations.
La complexité du cerveau juif
En revanche, le cerveau juif est infiniment complexe. Le cerveau juif est composé de milliards de parties et de sefirot, il saisit d'ici et capte de là, à tel point qu'aucun non-Juif ne peut le suivre. Un Juif peut, à un instant, se tenir au mont Sinaï et recevoir la Torah, et l'instant d'après, si Moïse n'est pas là, déjà penser à faire un veau. Son cerveau va dans toutes les directions, analyse, pose des questions et cherche des réponses.
Notre saint maître, Rabbi Na'hman de Breslev, écrit dans le 'Si'hot HaRan' qu'il est très difficile pour un homme de s'en tenir à une seule conduite. Un homme décide : "Maintenant, je vais étudier seulement la Guemara", et en peu de temps, une pensée contraire lui vient, et il décide d'étudier seulement le 'Likoutey Halakhot' ou le Tanakh. Le Juif a du mal à maintenir la même pensée ne serait-ce qu'une minute, car son cerveau est si complexe et inclut une infinité d'opinions et de possibilités. Il faut une obstination de plusieurs mois pour persévérer dans une certaine conduite sans s'embrouiller.
L'erreur de Bilaam
Bilaam a vu cette caractéristique et a pensé que c'était le point faible du peuple d'Israël. Il a vu un peuple qui change d'avis à chaque instant, et s'est réjoui d'avoir trouvé la faute dans laquelle aucune autre nation ne tomberait. Le non-Juif marche avec une seule "disquette" toute sa vie. Si le gouvernement lui dit de faire quelque chose, il le fait aveuglément, sans poser de questions et sans douter, même s'il s'agit d'actes cruels.
Mais Bilaam a commis une amère erreur. Il n'a pas compris que c'est précisément cette complexité qui est l'immense vertu du peuple d'Israël. Chez le Juif, chaque chose est clarifiée mille fois de toutes les directions, par des questions et des réponses. Le Juif n'accepte pas les choses de manière compulsive ou avec une foi aveugle et robotique.
Comme des torrents qui s'étendent : quand la faute se transforme en parfums
Lorsque Bilaam est venu accuser à propos de la faute du Veau d'or, il s'attendait à révéler le péché le plus terrible. Mais à sa grande stupéfaction, Hachem lui a montré exactement le contraire. Au lieu d'une accusation, des bénédictions sont sorties de sa bouche :
"Comme des torrents qui s'étendent, comme des jardins près d'un fleuve, comme des aloès qu'Hachem a plantés, comme des cèdres près des eaux" (Nombres 24, 6).
La faute s'est transformée en jardins de parfums, en héritages de myrrhe et de baume. Comment cela s'est-il produit ? Hachem a expliqué à Bilaam que la foi du peuple d'Israël n'est pas la foi d'esclaves stupides. Si l'on avait sorti un esclave d'Égypte, qu'on l'avait installé gratuitement dans un hôtel luxueux avec les nuées de gloire, la manne et les cailles, et qu'on lui avait dit : "Ici, on garde le Chabbat et on n'allume pas de feu" – quel esclave aurait refusé ? Après tout, il a une colonne de feu qui l'éclaire, et il n'a aucun besoin de travailler. L'acceptation de la Torah dans de telles conditions, dans un confort absolu, n'est pas une grande sagesse et n'apporte pas de véritable récompense.
Quand la véritable foi se révèle-t-elle ? Lorsqu'on montre à l'homme le côté opposé. Lorsque le Erev Rav (le ramassis) vient, incite et embrouille, et même si, à Dieu ne plaise, on trébuche un instant sous l'aspect d'une descente en vue d'une ascension – et qu'ensuite on choisit à nouveau la vérité à partir d'une clarification profonde. C'est seulement alors que commence la véritable récompense pour la foi et pour la Torah. À partir de cette clarification, c'est précisément la complexité du cerveau juif qui transforme les tentes en demeures de sainteté, "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Jacob, tes demeures, ô Israël".
Lorsque nous avons le mérite de clarifier la foi au milieu de toutes les confusions, nous nous rapprochons du niveau des "Sept Mendiants" du conte de notre maître – être "aveugles" et "sourds" aux vanités de ce monde, ne pas respirer l'air impur du monde, mais recevoir la force d'élever le monde entier. Par cette foi pure, puissions-nous mériter que la Rédemption complète vienne en un clin d'œil, Amen.
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